Explorons quelques œuvres cinématographiques qui témoignent de la carrière de Marisa Paredes, caractérisée par ses fréquentes collaborations avec le réalisateur espagnol Pedro Almodóvar.
« Le cinéma espagnol perd l’une de ses figures emblématiques », a écrit l’Académie du cinéma d’Espagne en rendant hommage à Marisa Paredes, dont la disparition à l’âge de 78 ans a été annoncée le mardi 17 septembre. Elle a incarné de nombreuses « femmes fortes, complexes, tourmentées, passionnées, mystérieuses et profondément humaines ».
« Prison de Cristal » (Tras el cristal, 1986)
L’opportunité de jouer dans un film marquant en Espagne lui est offerte par Agustí Villaronga. Marisa Paredes incarne Griselda, la femme d’un ancien médecin nazi qui, durant sa période dans un camp de concentration, s’est adonné à des expériences odieuses et à des crimes sexuels sur des jeunes garçons. Après sa fuite en Espagne, il continue ses activités criminelles et tente, sans succès, de mettre fin à ses jours, se retrouvant finalement à la merci de sa femme, de ses souvenirs oppressants, et des actes infâmes qu’il a commis.
« Talons aiguilles » (1991)
La première rencontre entre Marisa Paredes et le réalisateur Pedro Almodóvar a lieu avec le film Dans les ténèbres (Entre tinieblas, 1983), mais c’est avec Talons aiguilles (1991) que leur collaboration prend véritablement son envol à l’échelle internationale. Elle interprète Becky del Páramo, une chanteuse renommée spécialisée dans les chansons dramatiques. Elle renoue des liens complexes avec sa fille, incarnée par Victoria Abril, qu’elle avait auparavant abandonnée. Ces retrouvailles tournent à la confrontation lorsque leur partenaire amoureux commun est assassiné. Paredes livre une performance poignante en interprétant Piensa en mi, chanson de Luz Casal sur la bande sonore du film.
« La Fleur de mon secret » (1995)
Une nouvelle collaboration avec Almodóvar lui offre un rôle sur mesure dans La Fleur de mon secret. Paredes y incarne une romancière, Amanda Gris, amenée à écrire une critique de ses propres œuvres sous son alter ego Leo Macias. Cela lui permet de faire le point sur l’écrivaine qu’elle ne désire plus incarner. Son interprétation convaincante lui vaut une nomination aux Goya, équivalent espagnol des César.
« La Vie est belle » (1997)
Marisa Paredes a également laissé son empreinte au-delà du cinéma espagnol. Durant les années 1990, elle travaille sous la direction de cinéastes tels qu’Arturo Ripstein (Pas de lettre pour le colonel), Raúl Ruiz (Trois vies et une seule mort), et Roberto Benigni dans La Vie est belle, où sa prestation ne passe pas inaperçue.
« Tout sur ma mère » (1999)
L’un des films les plus marquants d’Almodóvar, Tout sur ma mère, célèbre aussi la mémoire de sa propre mère décédée l’année de sa sortie. Marisa Paredes joue Huma Rojo, une actrice de théâtre reconnue, aux côtés de Penelope Cruz (Rosa) et Cecile Roth (Manuela), qui forment un duo de sœurs. Ce film choral, hommage aux figures maternelles et aux artistes, obtient l’Oscar du meilleur film étranger en 2000.