Les deux partis principaux du Nouveau Front populaire, en désaccord sur les discussions concernant le choix du Premier ministre, se blâment l’un l’autre pour la déstabilisation de leur coalition. Parmi les membres du mouvement, le comportement des insoumis provoque une irritation croissante.
Le Nouveau Front populaire est-il sur le point de se scinder définitivement ? Ces derniers jours, les tensions se sont accrues entre La France insoumise (LFI) et le Parti socialiste (PS), en toile de fond des discussions concernant le futur Premier ministre. Jean-Luc Mélenchon a critiqué Olivier Faure, le leader du PS, pour avoir selon lui compromis le NFP en participant aux tractations à l’Élysée. En réaction, le 11 décembre, Olivier Faure a accusé Mélenchon d’affaiblir cette coalition. Les désaccords entre les insoumis et les socialistes n’ont jamais été aussi vifs.
« Nous atteignons des sommets de discorde, c’est navrant », déplore une responsable écologiste. Le vaisseau du NFP montre des signes de faiblesse, sous le regard désarmé des autres membres de cette alliance de gauche. « Cessez les hostilités », demande un sénateur du Parti communiste. Cependant, pour Paul Vannier de LFI, les socialistes portent la responsabilité de cette situation. Il pense connaître les motivations qui poussent Olivier Faure à s’opposer à LFI. « C’est sans doute lié à un congrès du PS et de manière regrettable, les socialistes se laissent souvent happer par des enjeux purement internes », analyse-t-il. « Olivier Faure peine à maintenir sa position et semble pris dans une surenchère verbale incompréhensible pour les Français. »
Nul ne souhaite être tenu pour responsable d’une scission
Paul Vannier minimise les différends avec les socialistes, tout en exhortant son partenaire et rival à la prudence. « Souvent, les socialistes ont préféré prendre leurs distances, se retirer quelque peu, frôler la rupture de l’alliance », déclare le représentant de LFI. « J’espère que nos alliés reviendront à des décisions raisonnables et resteront fidèles aux engagements pris envers les électeurs. »
La menace d’une nouvelle dissolution à l’été prochain semble être le seul frein à la dislocation du NFP. Chaque parti est conscient des risques encourus si la gauche aborde divisée de nouvelles élections législatives. « Honnêtement, je dois admettre que cela a une réelle importance », confie un député socialiste. « Tout le monde est inquiet. » Personne ne veut être pointé du doigt pour avoir rompu une alliance après s’être engagé sur un programme commun. Cependant, au sein du NFP, l’attitude de LFI suscite de plus en plus de mécontentement.
« LFI est exaspérante et tout le monde en a assez. »
une proche de la dirigeante des écologistes, Marine Tondelierà 42mag.fr
Ce mardi, le NFP a affiché ses divisions au grand jour, tous les partis de cette coalition se rendant à l’Élysée excepté LFI. « LFI se met en retrait de manière stratégique pour provoquer une crise durable », déplore un député socialiste. Les insoumis ne cachent pas leur objectif de voir Emmanuel Macron partir avant la fin de son mandat. Un responsable du Parti communiste estime que LFI cherche un prétexte pour rompre, visant au final une candidature unique de Jean-Luc Mélenchon. Mais, « l’avenir de la gauche ne se confond pas avec celui de Jean-Luc Mélenchon », rétorque un sénateur du PS.