Le ministre de l’Économie fraîchement nommé commencera lundi une série de discussions avec les représentants des partis politiques. Ces rencontres porteront sur l’élaboration du budget pour 2025, un processus qui a été stoppé net à cause de la censure ayant visé le gouvernement dirigé par Barnier.
Préparation du budget 2025 : Une invitation à Bercy
Les ministres de l’Économie, Éric Lombard, et des Comptes publics, Amélie de Montchalin, ont convié les forces politiques représentées à l’Assemblée nationale à Bercy, dans le cadre de la préparation du budget pour 2025. Le gouvernement mené par Michel Barnier a connu une chute en décembre dernier, suite à l’application de l’article 49.3 de la Constitution concernant le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS).
Parmi les participants à cette rencontre, les représentants du Parti socialiste rencontreront les ministres lundi à midi. Éric Lombard, banquier d’affaires ancré à gauche et considéré comme social-libéral, n’est pas étranger à certains membres du PS. Durant les années 80, il a en effet collaboré avec le gouvernement socialiste, une des raisons pour lesquelles François Bayrou l’a choisi.
Olivier Faure, secrétaire général du PS, ne cache pas sa proximité avec Lombard, qu’il considère comme un allié de gauche. Leur amitié personnelle est bien connue. Dans les années 90, Éric Lombard a fait partie de plusieurs cabinets ministériels socialistes, dont celui de Michel Sapin, et a soutenu Michel Rocard lors des présidentielles de 1988.
Cependant, la carrière du banquier de 66 ans s’est principalement déroulée dans les secteurs de la banque et de l’assurance, jusqu’à ce qu’il prenne la direction de la Caisse des dépôts et consignations en 2017. Au sein du PS, on affirme fermement qu’il ne s’agit pas de se laisser séduire par Lombard. Les socialistes restent prudents, notamment en gardant à l’esprit les précédents de figures de gauche ayant intégré les gouvernements d’Emmanuel Macron, comme Olivier Dussopt ou Élisabeth Borne, qui ont mené des politiques considérées comme très antisociales.
Les socialistes : une résistance affirmée
Dès lors, il semble peu probable que la nomination d’Éric Lombard à Bercy facilite les échanges avec le Parti socialiste ou empêche les députés socialistes de voter une motion de censure si le 49.3 est utilisé pour le budget. Un haut responsable socialiste précise : « Ce n’est pas la personne qui compte, mais la politique menée. Nous restons fermes. » Les proches de Boris Vallaud, dirigeant des députés PS, insistent sur leur intransigeance. Le PS, ancré dans l’opposition, s’opposera au ministre de l’Économie en conséquence.
Toutefois, Éric Lombard marque des points en invitant notamment le PS à débattre du budget avant que les discussions ne reprennent à l’Assemblée. « C’est un geste positif », affirme un élu socialiste, tout en soulignant que les anciens ministres de Michel Barnier n’avaient pas pris une telle initiative.
Tout dépendra du contenu du projet de loi de finances présenté aux députés. Mais quel que soit le ministre en poste à Bercy, le PS est inébranlable : si le budget demeure trop rigoureux, une motion de censure sera déposée, reproduisant les mêmes scénarios qu’auparavant.