Les responsables du salon de l’agriculture cherchent à prévenir les épisodes de cohue observés lors des précédentes éditions. Afin de parvenir à cet objectif, ils ont établi des règles précises : restreindre le nombre de membres au sein des délégations et privilégier des visites uniques. Malgré ces directives explicites, certaines figures politiques semblent hésiter à s’y conformer pleinement.
Cette année, lors de l’ouverture du Salon de l’Agriculture à Paris, samedi 22 février, aucun code vestimentaire particulier ne sera exigé des politiciens, mais une conduite respectueuse sera de mise. Afin d’éviter les mauvais comportements des éditions précédentes – où les visiteurs se retrouvaient coincés ou bousculés, où le bétail était perturbé, et où un grand nombre de journalistes se pressaient devant les personnalités politiques – une charte de bonne conduite a été mise en place. Cela fait suite aux incidents de l’édition 2024 qui avait débuté au milieu d’une crise agricole. Avec plus de 83 visites officielles attendues d’après 42mag.fr, cette réglementation vise à encadrer ces présences.
Exit les cortèges démesurés ! Désormais, le nombre de participants est restreint à 25. La distribution de tracts est proscrite. Les visites doivent être programmées à l’avance, avec une fixation des heures d’arrivée et de départ. La charte précise qu’une seule visite est souhaitée par personnalité. Enfin, l’itinéraire de la visite doit être planifié avant l’arrivée et scrupuleusement respecté. Jérôme Despey, président du salon, explique : « Les visites des politiques sont appréciées, mais je veux éviter le chaos de l’année dernière, qui m’avait obligé à fermer un hall lors d’une déambulation. La sécurité doit être garantie pour tous. Impossible pour quelqu’un de simplement annoncer : ‘Bonjour, me voici !' »
La mise en œuvre des consignes rencontre des résistances
Tous les dirigeants politiques ne semblent pas enclins à suivre ces nouvelles directives. Parmi ceux qui font la sourde oreille : Jordan Bardella. Le leader du Rassemblement national a prévu de venir dimanche et lundi, défiant ainsi la règle d’une « visite unique » qui lui avait été communiquée. De même, Michel Barnier, ex-Premier ministre, prévoit également de se présenter sur deux jours distincts. Et il se murmure, d’après 42mag.fr, que François Bayrou, à la tête du MoDem, avait l’intention de se rendre trois jours d’affilée… Pour finalement n’être présent que lundi. « À l’avenir, si les règles ne sont pas suivies, nous devrons peut-être être plus stricts », déclare Jérôme Despey.
Pour les personnalités politiques, respecter un trajet prévu d’avance reste un défi. Difficile pour elles de s’en tenir à un chemin tout tracé. Difficile de résister aux multiples attraits présents dans les allées : déguster un plateau de fromage ici, savourer un petit punch là-bas, prendre des selfies et répondre aux interpellations… Tout cela échappe à toute planification. Gabriel Attal, ancien Premier ministre, par exemple, a l’intention de flâner parmi les familles et les visiteurs, sans objectif préétabli.
Quant au président de la République, surnommé le « maître des horloges », sait certes à quelle heure il arrive pour l’inauguration – 9 heures –, mais un conseiller admet qu’il est impossible de prédire son heure de départ. Le but est d’apaiser les tensions qui avaient marqué l’édition 2024, en partie grâce à la présentation du projet de loi d’orientation agricole qui vient d’être approuvé… Cela pourrait même s’avérer plus efficace que la charte pour maintenir le calme et éviter des incidents.