La compétition pour la présidence du parti Les Républicains se déroule également loin des projecteurs médiatiques. Les deux camps intensifient leurs efforts pour contacter un maximum d’anciens membres, avec l’espoir de recueillir un grand nombre de promesses de soutien.
Une lutte discrète pour la présidence des Républicains
Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau s’engagent dans une compétition discrète mais intense pour prendre la tête des Républicains. Cette bataille se joue surtout autour des adhésions. Le temps presse, car jusqu’au 17 avril, il est crucial pour les deux camps de maximiser le nombre de partisans inscrits, afin que ceux-ci soient éligibles pour le vote lors du congrès programmé un mois plus tard. La tactique de chaque candidat est similaire : mobiliser les anciens membres du parti à l’aide des listes de contacts à leur disposition, en utilisant le téléphone, le courrier électronique ou postal.
À Paris, le quartier général de la campagne de Bruno Retailleau bourdonne d’activité. Une centaine de volontaires se succèdent tout au long de la semaine pour passer des coups de fil. « Bonjour, ici l’équipe de campagne de Bruno Retailleau, » entame un bénévole au bout du fil. « Pour pouvoir voter, il est essentiel de devenir membre des Républicains. Votre dernière adhésion remonte à 2023 ou 2024. Vous avez jusqu’au 17 avril pour la renouveler. » Hugo, un autre volontaire, conclut aimablement une conversation, assurant un interlocuteur de sa ville éloignée : « Merci beaucoup, passez une excellente journée. J’espère qu’il ne fait pas trop frisquet chez vous à Saint-Pierre-et-Miquelon, ce coin reculé de la France ! »
Les appels se font entendre aux quatre coins du pays. Plus de 20 000 coups de fil ont été passés depuis que Bruno Retailleau a annoncé sa candidature à la mi-février. Vincent, l’un des bénévoles, s’aide d’un tableau Excel pour faire état des résultats. « En examinant le fichier des Yvelines, que nous avons fini de traiter, nous avons contacté 900 personnes, » note-t-il. « Environ 80 à 85 % ont renouvelé leur adhésion, ce qui fait 600 voix pour M. Retailleau, six pour Laurent Wauquiez et le reste reste indécis. De notre perspective, c’est encourageant. »
Une croissance impressionnante des adhésions à Paris
Dans la capitale française, les résultats sont également satisfaisants pour le camp Retailleau. La sénatrice Agnès Evren, qui dirige la puissante fédération parisienne et soutient Bruno Retailleau, se félicite des avancées. « Les inscriptions se multiplient à une vitesse fulgurante, » se réjouit-elle, notant un bond de 42 % dans le nombre de nouvelles adhésions depuis les annonces de candidature de Bruno Retailleau et de Laurent Wauquiez.
« La voix des militants de Paris jouera un rôle décisif. »
Agnès Evren, sénatrice LR et soutien de Bruno Retailleauà 42mag.fr
De leur côté, les partisans de Laurent Wauquiez ne veulent pas être distancés et insistent sur l’importance de la « qualité au-delà de la quantité », en se concentrant sur les influenceurs du parti. Pierre Oliver, responsable de la fédération du Rhône, décrit cette approche : « Nous avons un réseau d’élus fidèles à Laurent Wauquiez. Ils sont chargés de cibler les personnes influentes qui soutiennent nos valeurs républicaines et de les convaincre de prendre leur carte, devenant ainsi membres pour appuyer la candidature de Laurent Wauquiez. » Comme l’a commenté un proche, « Ce n’est pas équivalent à un simple appel téléphonique d’une bénévole. » Quant à Laurent Wauquiez, il n’hésite pas à décrocher le téléphone pour solliciter personnellement d’anciens membres.