D’après France Inter, le Parlement est préoccupé par la possibilité que les dépenses liées à l’assistance parlementaire puissent bénéficier au Rassemblement national. Cette inquiétude s’appuie sur les exemples fournis par « les récents procès dans les tribunaux français ».
Jordan Bardella, leader du Rassemblement national, persiste à demander que son directeur de cabinet reçoive une rémunération du Parlement européen. Cependant, celui-ci a de nouveau rejeté cette requête, comme l’a rapporté mercredi 9 avril France Inter, confirmant des informations du Canard Enchaîné.
Dans une lettre datée du 26 mars, que le journal satirique a pu obtenir et que France Inter a consultée, le secrétaire général du Parlement européen écrit à Jordan Bardella pour lui signifier son refus de renouveler le contrat d’assistant parlementaire à temps partiel de François Paradol. Ce dernier est non seulement le directeur de cabinet de Bardella à Paris, mais aussi un conseiller régional en Ile-de-France.
Le Parlement européen avait déjà, à plusieurs reprises ces derniers mois, informé Jordan Bardella de son refus de financer son assistant parlementaire. Malgré ces avis, le chef du RN a insisté pour soumettre à nouveau sa demande. « Étant donné votre rôle en tant que président de parti, les fonctions de M. Paradol en tant que directeur de cabinet nécessitent un niveau élevé de disponibilité et de réactivité. Cela semble peu compatible avec les engagements réguliers liés aux tâches d’assistance parlementaire que vous souhaitez lui confier, du lundi au jeudi de 9 heures à 12h30 », précise le secrétaire général dans sa lettre.
« Lorsque je pose une question au Parlement, ce n’est pas pour le RN »
François Paradol affirme que ses responsabilités sont clairement séparées. « Lorsque je pose une question au Parlement, ce n’est pas pour le RN », déclare-t-il à France Inter. En revanche, le Parlement craint que les fonds destinés à l’assistance parlementaire ne servent en réalité le parti politique. Cette inquiétude résulte de « récents procès devant les tribunaux nationaux français », comme mentionné dans la correspondance, faisant allusion aux condamnations de Marine Le Pen et d’autres cadres du RN dans l’affaire des assistants parlementaires européens.
Il est crucial de ne pas tolérer ce risque pour sauvegarder les « intérêts financiers de l’Union », ajoute le secrétaire général. François Paradol, le directeur de cabinet de Bardella, qualifie la situation de manœuvre politique et annonce qu’il compte introduire un nouveau recours.