Sophie Primas, porte-parole du gouvernement, a expliqué mercredi que leur position ne favorisait aucune religion. Elle a souligné que le pape était avant tout un dirigeant étatique, jouant un rôle significatif et non impartial sur la scène politique et diplomatique mondiale.
Une Décision Controversée
La récente décision de mettre en berne les drapeaux sur les édifices publics ce samedi, jour des funérailles du pape François, suscite un vif débat. Matignon a fait ce choix, provoquant l’indignation de plusieurs figures politiques de gauche, qui y voient une menace pour le principe de laïcité. Alexis Corbière, député de Seine-Saint-Denis et ancien allié de Jean-Luc Mélenchon, s’est exprimé à ce sujet sur 42mag.fr. Il a reconnu la légitimité du chef de l’État de saluer le pape, tout en critiquant ce qu’il considère comme une laïcité à géométrie variable.
Réactions du Monde Politique
Matthias Travel, député de La France insoumise en Loire-Atlantique, a partagé son point de vue sur la plateforme X en affirmant que quelle que soit l’opinion que l’on porte sur le pape François, la République n’a pas vocation à honorer le chef de l’Église catholique. Il a souligné la nécessité de maintenir une séparation entre les affaires de l’État et celles de l’Église. De son côté, le sénateur communiste Pierre Ouzoulias a qualifié cette décision de « honteuse » sur le même réseau social. Il a rappelé qu’à la mort du pape Jean-Paul II en 2005, François Bayrou, qui est aujourd’hui Premier ministre, s’était opposé à une décision similaire.
Un Débat Récurrent
Pierre Ouzoulias a publié un extrait de l’époque montrant que lors du décès de Jean-Paul II, le gouvernement avait déjà ordonné la mise en berne des drapeaux de la République laïque. Beaucoup d’élus avaient critiqué cette pratique, et François Bayrou figurait parmi eux. Il estimait que cela contrevenait à la distinction nécessaire entre croyances spirituelles et décisions politiques et nationales, selon un article publié par Le Monde à l’époque. Bayrou avait également déclaré qu’il aurait fait un autre choix, rejetant ainsi la décision prise par le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin à l’époque.
Justification du Gouvernement
Dans une intervention sur TF1 mercredi, Sophie Primas, porte-parole du gouvernement, a défendu cette décision en évoquant l’émotion provoquée par la mort du pape, une émotion partagée par croyants et non-croyants. Elle a insisté sur le fait que cette décision ne reflétait pas une préférence religieuse particulière, soulignant que le pape était principalement un chef d’État. Son influence dans le domaine politique et diplomatique international était reconnue et non négligeable, a-t-elle ajouté.