Le nombre est presque inchangé par rapport à la précédente enquête du Centre de recherches politiques de Sciences Po menée en 2020. « Malgré quelques discours alarmistes, la vigueur de la démocratie au niveau municipal demeure intacte », affirme le Cevipof.
Selon une étude du Cevipof réalisée en collaboration avec plusieurs associations d’élus locaux et citée par le réseau de radios locales « ici » le mardi 8 avril, environ 42% des maires se disent prêts à briguer un nouveau mandat en mars 2026. Ce pourcentage s’inscrit dans la continuité des résultats de la précédente enquête menée par le Centre de recherches politiques de Sciences Po, qui montrait que 48% des élus étaient disposés à se représenter en 2020.
Un autre aspect stable révélé par l’étude est la proportion de maires déterminés à ne pas se représenter en 2026, qui atteint 28% des répondants. Par ailleurs, une part de 30% des édiles reste indécise quant à une nouvelle candidature, un chiffre en hausse par rapport aux 23% relevés en 2020.
Sur la base de ces données, le Cevipof formule deux observations clés. Tout d’abord, il apparaît que, malgré les discours alarmistes, la démocratie municipale conserve sa vigueur, et ce, même face aux difficultés rencontrées au cours du mandat en cours. Ensuite, il est souligné que les élus locaux montrent un véritable engagement civique, assumant leurs responsabilités souvent au détriment de leur propre santé physique et mentale, tout en se trouvant confrontés aux défis budgétaires et sociaux.
Plusieurs éléments influencent la décision des maires quant à leur participation aux prochaines élections municipales. Notamment, la taille de la commune joue un rôle crucial : l’étude indique que 70% des maires de villes dépassant les 9 000 habitants souhaitent se représenter, contre seulement 37% dans les communes de moins de 500 habitants. Un écart similaire (mentionné comme « de 1 à 2 ») est observé chez ceux qui ne souhaitent pas se représenter : 30% pour les petites communes, contre 13% pour les grandes. Le Cevipof considère cet écart comme « significatif », reflétant les disparités en termes de ressources, de charges administratives perçues comme accablantes, ainsi que l’isolement plus marqué dans les petites communautés.
Le manque de ressources, principal frein à la reconduction
L’analyse du Cevipof met aussi en lumière que l’ancienneté dans le rôle de maire est un facteur influençant fortement leur choix de se représenter. Ainsi, 46% des maires en sont à leur premier mandat déclarent vouloir continuer, après le deuxième, ils ne sont plus que 38%, et après trois mandats, 36%. Toutefois, un pourcentage de 35% des maires avec cinq mandats ou plus sont prêts à poursuivre leur service auprès de leur commune, indique le rapport de Sciences Po.
Plusieurs raisons expliquent le renoncement ou l’hésitation à se représenter. Le manque de financement (17%) et la pression excessive des citoyens (15%) sont les principales causes mentionnées par le Cevipof. D’autres facteurs incluent les contraintes institutionnelles, l’épuisement personnel, ainsi que les difficultés spécifiques à certains dossiers locaux.
*Méthodologie : L’enquête a été diffusée à 34 690 maires entre le 3 et le 31 mars 2025 et a été menée en ligne. D’une durée de 12 minutes, elle a permis de recueillir 5 266 réponses, soit un taux de réponse de 15,2%. La représentativité de l’échantillon est assurée pour toutes les communes de moins de 9 000 habitants, tandis qu’elle est plus faible pour les plus grandes structures communales.