Les partis de gauche applaudissent celui qui se bat pour les droits des migrants et des personnes vulnérables, tandis qu’une fraction de la droite se limite à un soutien minimal.
Certaines personnes ont été jusqu’à envisager François comme un pape orienté politiquement à gauche. De nombreux textes d’hommage provenant de cette frange politique ont été publiés après l’annonce de son décès le lundi 21 avril, passant sous silence certaines de ses déclarations moins progressistes. Il est noté par l’ex-président François Hollande, député socialiste qui l’a rencontré à l’Élysée, que « il aspirait à imprégner son pontificat d’une portée sociale manifeste ». Le chef du Parti Socialiste, Olivier Faure, se souvient de sa venue à Marseille, rappelant « la nécessité de ne pas transformer la Méditerranée en cimetière, ce qui serait une trahison des valeurs fondamentales de l’Europe ». Même La France Insoumise applaudit l’homme qu’elle qualifie d’« fervent défenseur de la paix en Palestine ».
D’autres personnes louent son engagement en faveur de l’environnement. Marine Tondelier souligne son texte sur la crise climatique, dans lequel il déclarait : « Nous approchons un point critique (…) l’engagement pour la protection de notre maison commune provient de la foi chrétienne ». La responsable des écologistes en conclut qu’il « avait saisi l’importance de l’écologie et les préoccupations de la génération climat mieux que beaucoup de politiciens ».
Réactions mitigées de la droite « chrétienne »
En contrepartie, une certaine prudence se fait sentir au sein d’une partie de la droite, qui se revendique souvent attachée aux « racines chrétiennes » de la France. Cette frange a été déstabilisée par le progressisme de François, illustré notamment par sa première visite officielle à Lampedusa. Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur des Républicains, préfère se remémorer « son souci inlassable pour les démunis », pendant que son rival pour la présidence des LR, Laurent Wauquiez, se contente de rendre hommage par quelques lignes succinctes, sans discuter le parcours du souverain pontife.
Du côté de l’extrême droite, le ton est encore plus succinct. Ce courant a souvent taxé le pape d’« immigrationniste ». Marine Le Pen, leader des députés RN, commence par une simple remarque sur le « décès du pape », avant de compléter par quelques brèves réflexions. Éric Zemmour, le chef de Reconquête, estime que « pour certains fidèles, son pontificat a été une épreuve pour leur foi en l’Église » et exprime le souhait « que l’Esprit Saint éclaire son successeur ».