Le parti d’extrême droite s’efforce de canaliser la colère de ses adhérents tout en cherchant à rassembler un maximum de soutien pour exprimer son opposition à la condamnation d’inéligibilité, immédiatement applicable, infligée à sa candidate naturelle à l’élection présidentielle.
Le Téléphone de Pierre Meurin en Ébullition
Pierre Meurin, député du Rassemblement National du Gard, est en effervescence. Son téléphone ne cesse de vibrer de messages. « Jamais je n’ai reçu autant de messages, même lors de mon mariage », s’exclame-t-il. Il ressent que presque tous les militants de sa circonscription sont prêts à se serrer la ceinture pour venir soutenir Marine Le Pen à Paris pour le rassemblement du 6 avril. Ce grand événement survient après la lourde condamnation de Marine Le Pen, qui a été condamnée à deux ans de prison ferme et cinq ans d’inéligibilité pour une affaire de détournement de fonds publics liée aux assistants parlementaires européens. En réponse, le Rassemblement National a décidé d’insuffler un élan populaire en soutien à leur chef. « C’est une démonstration de démocratie », souligne Jordan Bardella, le président du Rassemblement National, prêt à prendre le relais si nécessaire.
Encouragement au Covoiturage
En attendant le résultat de la cour d’appel prévu en 2026, le RN espère faire le plein sur la place Vauban, idéalement située derrière les Invalides à Paris. Une série de discours est prévue dès 15 heures, avec des interventions de figures politiques telles que Louis Aliot, Eric Ciotti, Jordan Bardella, et Marine Le Pen elle-même. Bien que les partenaires européens du parti n’assisteront pas physiquement à l’événement, ils apporteront leur soutien par des vidéos. Marion Maréchal envisage quant à elle de se joindre à la foule. Le parti s’active sur tous les fronts : pétitions, présence marquée sur les réseaux sociaux, et distributions de tracts. Un important tractage est prévu pour galvaniser les militants, comme l’explique Jean-Lin Lacapelle, ancien eurodéputé. « Dans l’Indre, 5000 tracts doivent être distribués », précise Mylène Wunsch, référente du RN pour Centre-Val de Loire.
Chacune des fédérations locales est en pleine mobilisation. « En quelques jours, on a réalisé un travail qui prend généralement plus de temps », constate Pierre Meurin. Dans le Gard, plusieurs mini-bus sont désormais prévus pour transporter les militants. À 600 kilomètres de là, Mylène Wunsch et son équipe prennent contact avec les transporteurs locaux pour réserver un maximum de véhicules disponibles.
Coordination des Déplacements Militant
Mylène Wunsch précise que pour le Centre-Val de Loire, deux cars et deux mini-bus sont déjà réservés, et qu’il reste à organiser les départs. Dans les régions environnantes de Paris, Telegram facilite les échanges pour organiser des covoiturages entre militants, selon Tiffanie Rabault du Loiret. En Haute-Loire, le responsable du RN encourage les gens à se tourner vers les départements voisins pour participer à cette mobilisation.
Préserver l’Image du Mouvement
Un message clair est passé aux militants : maintenir l’ordre et rester irréprochables durant cet événement stratégique pour le RN. « On nous conseille d’être irréprochables », réitère Mylène Wunsch. Un député RN appuie cette directive : « Il est crucial de ne pas franchir les limites et de ne pas nuire à notre image ». Philippe Olivier, eurodéputé et conseiller spécial de Marine Le Pen, assure que le rassemblement s’organisera dans un esprit responsable à la manière de Martin Luther King.
Philippe Olivier reconnaît une grande colère parmi les sympathisants mais affirme : « Notre rôle est de canaliser cette colère ». Un autre élu du RN partage cette vue, soulignant l’importance d’un discours combatif mais maîtrisé pour capter l’indignation générale et la transformer en engagement. Pour éviter tout dérapage, une sécurité renforcée avec environ soixante agents est planifiée. Un filtrage à l’entrée sera mis en place en collaboration avec la préfecture de Paris, garantissant le bon déroulement de la manifestation.
En Réminiscence d’un Meeting Passé
Organisé avec célérité, cet événement rappelle la rencontre du Trocadéro le 5 mars 2017 en soutien à François Fillon, alors en pleine tourmente judiciaire. Patrick Stefanini, qui avait orchestré l’événement, se souvient de l’importance de bien coordonner les transports pour acheminer les militants. « C’est principalement une question de logistique », dit-il. Cette fois, le RN espère éviter les averses qui avaient gêné François Fillon, d’autant plus que les prévisions météorologiques s’annoncent clémentes avec 18°C attendus ce dimanche à Paris.