Le document, qui envisageait à l’origine un développement accru de l’énergie nucléaire afin de réduire la dépendance aux combustibles fossiles, a subi d’importantes modifications lors de son étude par le Rassemblement National et les partis de droite.
Le résultat était attendu. Mardi 24 juin, en première lecture, l’Assemblée nationale a massivement rejeté la proposition de loi dite « Gremillet » portant sur la trajectoire énergétique de la France. Ce texte avait été largement modifié par le Rassemblement National (RN) et les députés de droite lors de sa discussion dans l’hémicycle la semaine précédente. Selon le comptage, 142 parlementaires ont approuvé le texte tandis que 377 s’y sont opposés.
Les groupes issus de l’ancienne majorité présidentielle, à savoir EPR, MoDem et Horizons, avaient choisi de voter contre ce projet initialement sénatorial, critiquant notamment l’introduction d’un moratoire sur les énergies éolienne et solaire dans le texte, proposé par un amendement des Républicains (LR) et du RN. Ce texte repartira désormais en deuxième lecture au Sénat.
Les députés ont rejeté l’idée de compromettre notre autonomie énergétique
Marc Ferracci, ministre de l’Industrie et de l’Énergie, a exprimé sa satisfaction sur Twitter à propos du rejet du texte par les députés. Il a souligné qu’en refusant ce projet, « les députés ont refusé de sacrifier notre souveraineté énergétique sur l’autel des postures idéologiques ». Ce texte devait définir la stratégie nationale de production énergétique pour la période allant jusqu’en 2035. Le ministre a insisté en déclarant : « Rejeter le solaire, l’éolien, ignorer la réalité industrielle de nos territoires ? C’est affaiblir notre souveraineté, notre compétitivité et notre avenir ».
« L’énergie ne doit pas être une question d’idéologie. Elle constitue un levier essentiel pour agir, investir et produire. »
Marc Ferracci, ministre de l’Industrie et de l’ÉnergieSur Twitter
Le texte visait initialement à renforcer la part du nucléaire pour réduire la dépendance aux énergies fossiles. Lors de son examen au Sénat, Antoine Armand avait rappelé : « Nous avions réussi à trouver des compromis inédits dans une loi énergétique, avec une relance du nucléaire jamais vue, tout en fixant des objectifs très ambitieux pour le développement des énergies renouvelables », estimant à environ « 200 térawattheures (TWh) d’ici 2030 » la cible à atteindre.