Marine Le Pen précise sans équivoque : « Dans l’éventualité où la cour d’appel choisirait de m’interdire de me présenter à l’élection, la campagne ne s’arrêtera pas pour autant. Nous poursuivrons notre action avec Jordan Bardella à nos côtés. »
« Je reste la seule candidate de notre mouvement à la présidentielle », a affirmé avec force Marine Le Pen ce jeudi 12 juin sur France Inter. Présidente du groupe Rassemblement national à l’Assemblée nationale, elle a été frappée le 31 mars d’une inéligibilité immédiate de cinq ans dans l’affaire concernant les assistants d’eurodéputés affiliés à son parti. Son procès en appel est quant à lui programmé pour l’année prochaine, avec une décision attendue à l’été 2026.
Cette situation a ravivé le débat sur le rôle et la position du président du RN, Jordan Bardella, au cours des dernières semaines. « Je formule l’espoir que la cour d’appel corrige cette grave erreur commise par le tribunal, qui a établi ma responsabilité, un point que je réfute catégoriquement, et a pris la mesure radicale de me priver de la possibilité d’être candidate à l’élection présidentielle », a déclaré la députée du Pas-de-Calais, dénonçant « une atteinte majeure à la démocratie ».
En cas de maintien de la condamnation, Marine Le Pen admet que Jordan Bardella possède « évidemment » toutes les compétences requises pour accéder à la présidence, « car il a des idées justes, une vision claire, en parfaite harmonie avec la nôtre ». Cependant, « la position est limpide : nous allons poursuivre la campagne présidentielle en attendant la décision finale de la cour d’appel et si jamais cette dernière venait à me bannir de la compétition – ce qui constituerait un véritable scandale à l’échelle planétaire – notre campagne se poursuivra, avec lui à la tête », a-t-elle précisé.
« Vous créez un buzz à partir de rien »
À la fin du mois de mai, lorsqu’on lui a demandé si Jordan Bardella pourrait être engagé à ses côtés pour éventuellement participer à une réunion à l’Élysée consacrée au futur institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, Marine Le Pen avait écarté cette éventualité en déclarant : « Je doute que Jordan maîtrise parfaitement les enjeux liés à la Nouvelle-Calédonie (…) chacun apporte ses compétences. »
Cette remarque avait suscité beaucoup d’interrogations autour d’éventuels désaccords au sein du RN et d’une possible montée en autonomie de Jordan Bardella. « Ce n’est rien de sérieux, vous faites un buzz sur du vide parce que vous manquez de matière à traiter », a rétorqué Marine Le Pen. « La situation en Nouvelle-Calédonie change constamment ; je venais moi-même de passer quatre jours à consulter l’ensemble des acteurs politiques, donc lors de notre échange, c’est moi qui connaissais le mieux le dossier. » Elle a ainsi insisté sur le fait qu’il « n’existe pas deux lignes de pensée » au Rassemblement national. « Je comprends que certains aimeraient voir des fractures, mais il n’y en a aucune », a assuré la députée.