Le ministre de l’Intérieur, qui occupe également la fonction de président du parti Les Républicains, a lancé, ce mercredi, un appel à cesser les subventions aux énergies renouvelables afin de concentrer tous les efforts et investissements sur l’énergie nucléaire.
La déclaration du ministre de l’Intérieur continue de susciter des réactions, même parmi les rangs de l’exécutif. « Cela me dérange » que Bruno Retailleau demeure au sein du gouvernement, confie Laurent Saint-Martin, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et des Français de l’étranger, lors de son passage dans l’émission « Questions politiques », dimanche 6 juillet sur France Inter et 42mag.fr (canal 16).
Mercredi dernier, à travers une tribune publiée dans Le Figaro, le ministre de l’Intérieur, qui est également président du parti Les Républicains (LR), a pris position en faveur d’une priorité indiscutable au nucléaire, tout en s’opposant au financement public de l’éolien et du solaire photovoltaïque. Selon lui, ces sources d’énergie « n’apportent à la composition énergétique française qu’une intermittence difficile et coûteuse à gérer ».
Questionné sur la question de savoir si Bruno Retailleau devait ou non « rester l’allié du bloc central », Laurent Saint-Martin explique que « ce n’est pas à lui de décider s’il doit rester ou partir », mais qu’« évidemment, cela le gêne ». Il précise : « Je pars d’un principe assez simple : quand un ministre prend des positions sur des politiques qui ne relèvent pas de son portefeuille, et qu’en plus elles contredisent un arbitrage — c’est-à-dire une décision prise par le Premier ministre concernant l’orientation politique du gouvernement —, cela n’a pas beaucoup de sens et ne doit pas exister ».
« Je considère que Bruno Retailleau est un meilleur ministre de l’Intérieur qu’il ne le serait en tant que ministre de l’Environnement »
Laurent Saint-Martin, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et des Français de l’étrangerdans « Questions politiques » sur France Inter et 42mag.fr (canal 16)
Dans sa tribune, Bruno Retailleau commet selon le ministre délégué une « double erreur, une faute de fond et une erreur d’appréciation ». Il ajoute qu’il s’agit également d’une erreur souvent répétée par certains partis politiques, y compris le Rassemblement national depuis longtemps, à savoir que les énergies renouvelables ne devraient pas intégrer notre mix énergétique. « C’est une erreur de fond que nous avons largement démontrée à travers tous les investissements réalisés ces dernières années », rappelle-t-il.
Mettre fin à la désunion
Laurent Saint-Martin conclut qu’il y a également une erreur dans la manière dont cette prise de position a été exprimée, soulignant que « lorsqu’on est ministre, on doit être solidaire de la politique du gouvernement, point final ». Il précise que « il peut être compris que Bruno Retailleau, en tant que chef du parti Les Républicains, prenne la parole, cela correspond à une certaine posture ; mais là, il est aussi ministre de l’Intérieur ».
Le ministre chargé du Commerce extérieur appelle ainsi à instaurer une « discipline collective » parmi les membres du gouvernement, afin de « garantir que chacun prenne la parole avant tout sur les sujets liés à son domaine de responsabilité » et « éviter les dissonances dans l’expression officielle ». Cependant, il reconnaît aussi qu’« il ne faut pas systématiquement s’offusquer des divergences d’opinions entre les membres d’un gouvernement qui repose sur une coalition ».