La semaine prochaine, François Bayrou dévoilera les principales orientations du projet de budget pour l’année 2026, visant à réaliser des économies à hauteur de 40 milliards d’euros. Parmi les solutions souvent évoquées, l’idée d’une « année blanche » revient fréquemment : il s’agirait de figer certaines dépenses, sans ajuster ces montants en fonction de l’inflation. Cette mesure représenterait un pari délicat, notamment en ce qui concerne son impact sur les retraités et les personnes aux revenus les plus faibles, qui pourraient en souffrir davantage.
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En première ligne des perdants si le gouvernement choisit d’instaurer une « année blanche », c’est-à-dire de figer un grand nombre de dépenses publiques en 2026, on retrouve les retraités. Une étude révèle qu’en ne revalorisant pas leurs retraites, ils subiraient une perte moyenne de 350 euros par an. Une situation jugée inacceptable par Olivier Cansier, qui a travaillé dans la restauration et perçoit une pension de 1 600 euros mensuels. « Après 44 années de travail, ce qui est une longue carrière éprouvante dans un métier difficile, on nous annonce que nous allons toucher moins. C’est vraiment décevant. Et surtout, cela signifie une baisse de notre pouvoir d’achat », confie Olivier.
Par ailleurs, cette année blanche pourrait également impliquer le gel de certaines aides sociales, comme les allocations familiales ou les aides au logement. L’Observatoire des Conjonctures Économiques estime que pour un couple avec au moins un salarié bénéficiant de ces soutiens, la perte s’élèverait à environ 105 euros annuels. Amélia Krieger, qui vient d’être embauchée près de Strasbourg, perçoit encore une part du RSA et de la prime d’activité. « Si on touche aux aides destinées aux personnes qui en ont vraiment besoin, cela pénalise les plus vulnérables. Alors pourquoi envisager de geler ces prestations pour ceux qui en dépendent ? », questionne-t-elle.
Décision finale attendue le 15 juillet
En y ajoutant le gel du barème de l’impôt sur le revenu, les économies budgétaires engendrées par cette année blanche pour le prochain budget atteindraient 6,2 milliards d’euros. Toutefois, cela risquerait aussi d’avoir des conséquences négatives sur l’activité économique. « Si l’on opte pour une année blanche permettant d’économiser 6 milliards, cela signifie également 6 milliards d’euros en moins dans les poches des ménages. Ce qui veut dire davantage d’impôts, moins de prestations sociales, moins de revenus, d’où une consommation réduite », souligne Pierre Madec, économiste à l’OFCE.
Cette option, sérieusement étudiée par le gouvernement, est déjà vivement critiquée au sein de l’Assemblée nationale, aussi bien par le Rassemblement national, Les Républicains que La France insoumise. François Bayrou annoncera sa décision finale le 15 juillet prochain.
Les sources de cette enquête :
Une étude de l’OFCE (Observatoire Français des Conjonctures Économiques, le centre de recherche économique rattaché à Sciences Po)
Cette liste n’est pas exhaustive.