Lors du Conseil de défense et de sécurité nationale qui s’est tenu lundi, le président a fait part de la mise en place de dispositifs innovants visant à renforcer la riposte face à l’infiltration islamiste. Ces nouvelles mesures comprennent des sanctions d’ordre financier et administratif, conçues pour accroître l’efficacité dans la lutte contre ce phénomène d’ »entrisme ».
Une nouvelle législation portant sur l’entrisme islamiste devrait voir le jour d’ici la fin de l’année. C’est ce qu’a déclaré Emmanuel Macron ce lundi 7 juillet lors d’une interview accordée à plusieurs médias, dont 42mag.fr, à l’issue d’un deuxième Conseil de défense et de sécurité nationale à l’Élysée. Cette réunion était principalement dédiée à la problématique de l’“entrisme”, notamment celui exercé par les Frères musulmans, à la suite de la publication d’un rapport fin mai.
Le président Macron souhaite un texte législatif qui puisse s’appliquer dès la fin de l’année, en veillant à ce qu’il soit finalisé avant la fin de l’été. Ce dispositif viendrait en complément de la célèbre loi “séparatisme” adoptée en 2021, aussi connue sous le nom de loi “confortant les principes de la République”. Il s’agirait d’un ensemble complet de mesures visant à contrer la menace que les autorités attribuent aux Frères musulmans sur la cohésion nationale. Plus précisément, la législation permettrait de dissoudre les fonds de dotation qui servent à leur financement, d’autoriser la saisie des biens appartenant à des associations œuvrant en leur faveur, et d’accroître le contrôle avec la possibilité d’infliger des sanctions financières aux associations ne respectant pas le contrat d’engagement républicain exigé pour l’obtention de subventions.
“Nous voulons alerter l’opinion publique”, a déclaré Emmanuel Macron à 42mag.fr, en vue des élections municipales prévues en 2026. Il a lancé un appel à la vigilance destiné aux préfets ainsi qu’au ministère de l’Intérieur, qui pourront désormais croiser leurs bases de données. Cependant, il rappelle que le code électoral interdit à l’État d’empêcher la candidature d’une personne fondée sur des critères communautaires. En conclusion, le chef de l’État a annoncé qu’il conviera à l’automne les représentants de l’islam de France, précisant qu’il défendra un “discours d’apaisement”.
Une intervention présidentielle renforcée, à l’image d’un moniteur en double commande
Ces nouvelles mesures illustrent également la volonté du président de reprendre en main ce dossier symbolique. Ce sujet l’avait d’ailleurs irrité le 21 mai dernier, lors d’un premier Conseil de défense. Emmanuel Macron avait sévèrement critiqué l’inefficacité des mesures existantes. Il avait alors sommé le gouvernement, et plus particulièrement le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, de revoir leur stratégie et leur projet. Ce rappel ferme à l’ordre, bien que non explicitement formulé, semble avoir porté ses fruits selon les propos du président. “J’ai salué le travail gouvernemental, mes demandes ont été approfondies”, a-t-il indiqué à 42mag.fr.
Le président lui-même a pris l’initiative d’appeler la presse après cette réunion, afin de relayer les décisions prises et assurer la communication post-conseil. Ce geste témoigne d’une prise en main plus marquée, voire d’un retour actif dans la gestion des affaires à moins de deux ans de la fin de son mandat. Un proche souligne avec humour : “Ce n’est pas qu’il manque de confiance, mais il préfère garder un œil attentif, à la manière d’un moniteur d’auto-école qui possède les doubles commandes.”
Lors d’une visite à Roquefort jeudi dernier, Emmanuel Macron avait déjà demandé au Premier ministre de mieux contrôler les propos émanant du gouvernement. Le samedi suivant, devant le mouvement « Jeunes avec Macron », il avait moqué les prétentions de certains à la présidentielle de 2027, tout en appelant à l’unité au sein de son camp. Il avait aussi exprimé son attente vis-à-vis de ses soutiens pour les prochaines échéances : “dans deux ans, dans cinq ans, dans dix ans !”. Cette posture contraste avec l’image de président impartial qu’il cultivait depuis environ un an et la dissolution. Le pouvoir de dissolution, qu’il a réinvesti cette nuit, semble lui redonner une impression de maîtrise absolue.