Dimanche, Mathilde Panot, la dirigeante de La France Insoumise, a exprimé son souhait de retirer les armes détenues par les forces de l’ordre ainsi que de supprimer les dispositifs de vidéosurveillance. Ces propos ont suscité une forte opposition venant de nombreux responsables politiques, y compris au sein même du Parti socialiste, ce qui vient ajouter une nouvelle difficulté à la campagne à seulement huit mois du scrutin municipal.
Les réactions ont rapidement suivi. En déclarant dimanche 6 juillet sur BFMTV qu’une « police municipale de proximité ne devrait pas être armée« , Mathilde Panot, la figure de proue des députés de La France insoumise, a provoqué un véritable vent de contestation à travers le paysage politique.
À seulement huit mois des élections municipales prévues en 2026, Mathilde Panot s’est engagée à désarmer les polices municipales, tout en soulignant que la présence d’une police nationale armée resterait la norme. Elle a également annoncé l’intention de son parti de supprimer les dispositifs de vidéosurveillance, en commençant par les communes conquises par LFI. Ces annonces ont suscité une vague de réactions dans l’ensemble du spectre politique, avec des critiques virulentes venant aussi bien du gouvernement que du Rassemblement national. Même à gauche, ces propositions n’ont pas manqué de provoquer des remous, complexifiant le débat à l’approche des municipales.
Des oppositions venues de partout
Karim Bouamrane, maire socialiste de Saint-Ouen, a ainsi déclaré que Mathilde Panot ne se situait pas « dans la réalité concrète des élus de terrain« . L’édile assume pleinement l’installation de ses 1 000 caméras de vidéoprotection ainsi que l’armement de sa police municipale, qu’il considère comme des « outils indispensables pour assurer la sécurité des habitants« , a-t-il écrit sur le réseau social X (anciennement Twitter). De même, Michaël Delafosse, maire PS de Montpellier, a exprimé son « désaccord total avec les propositions de LFI« , défendant le fait d’armer la police municipale afin de « pouvoir protéger et se défendre en cas de légitime défense« . Il a aussi réaffirmé son attachement aux dispositifs de vidéosurveillance, qu’il juge efficaces pour « identifier les auteurs et permettre que justice soit rendue aux victimes« .
Plus virulent, l’eurodéputé socialiste François Kalfon a qualifié la position de Mathilde Panot de : « cialage démagogique, jeu électoral malsain ou encore conviction réelle ? Madame Panot nous rejoue la fable du renard libre au sein du poulailler libre… Bref, une véritable invitation au désordre !«
La complexité des alliances PS-LFI en vue des municipales
Ces désaccords autour de la vidéosurveillance et de l’armement des polices municipales accentuent encore plus les différends déjà existants entre le Parti socialiste et La France insoumise, alors que ces deux formations se préparent aux élections municipales de 2026. LFI ambitionne en effet de détrôner nombre de maires socialistes sortants. Dans ce contexte, Olivier Faure, le secrétaire national du PS, s’est montré particulièrement inflexible lundi matin sur 42mag.fr : « Je ne suivrai jamais un maire insoumis qui annoncerait la suppression de la vidéo protection ou le désarmement de la police municipale, ce serait une absurdité totale. Comment peut-on seulement envisager une telle chose ?«
Cet épisode reflète une fois de plus les divisions persistantes à gauche, où les débats sur la sécurité ne sont pas récents, même à l’intérieur d’un même parti. La question est aussi source de différences parmi les écologistes. Par exemple, le maire de Grenoble, Éric Piolle, a toujours refusé d’armer sa police municipale, tandis que son homologue à Bordeaux, Pierre Hurmic, a finalement consenti à cette mesure face à l’accroissement des actes criminels et des incivilités.