Présent de façon inattendue lors du rassemblement organisé par les « Jeunes en marche » au Cirque d’hiver, le président a interrompu net l’élan de Gabriel Attal, qui venait tout juste de franchir une nouvelle étape dans sa démarche pour envisager une candidature à la prochaine élection présidentielle.
Le moment de préparer la succession n’est pas encore arrivé. Lors d’un meeting tenu samedi 5 juillet, Emmanuel Macron a secoué son camp, lui enjoignant de « passer à l’action » plutôt que de s’imaginer déjà en 2027. « Agissons, restons soudés, faisons preuve de responsabilité et travaillons pour la nation », a-t-il lancé avec fermeté, intervenant de manière inattendue au rassemblement des « Jeunes en marche » (JEM) au Cirque d’hiver.
« Si, au cours des deux prochaines années, nous passons notre temps à évoquer 2027, sans accomplir rien, entre stratégies et divisions », alors « aucun d’entre nous » ne sera en mesure de remporter l’élection présidentielle, a-t-il averti, visiblement ému en ce jour marquant les dix ans de ce mouvement de jeunesse, créé avant même son propre parti, En Marche !.
« Qu’est-ce qui vous a poussés à vous lever en 2015? »
Devant les membres de la Macronie réunis – parmi lesquels se trouvaient deux de ses anciens Premiers ministres, Élisabeth Borne et Gabriel Attal, la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, plusieurs ministres et députés –, il a déclaré aux JEM qu’il aurait « besoin d’eux dans deux ans, dans cinq ans, et même dans dix ans ».
Par ces mots, Emmanuel Macron a semblé freiner l’enthousiasme du nouveau dirigeant du parti Renaissance, Gabriel Attal, qui venait de franchir une étape supplémentaire en affichant son envie d’être candidat à la présidentielle. « Le 5 juillet 2025, je souhaite vous inviter à poser les premières pierres d’un nouveau parcours pour notre jeunesse et pour la France. Ce parcours, c’est celui que moi, avec vous, avec Renaissance, j’entends proposer aux Français pour 2027 », avait-il déclaré, promettant « de tout mettre en œuvre » pour guider ses soutiens « vers la victoire dans deux ans ».
Leur relation est notoirement tendue depuis la période où Gabriel Attal occupait Matignon et la décision unilatérale du président de dissoudre l’Assemblée nationale le 9 juin 2024, une décision dont il n’avait pas été informé en amont. « Aujourd’hui, j’entends trop de discussions qui regardent déjà vers 2027. Bien sûr, il faudra y penser. Mais dites-moi, pourquoi, en 2015, vous vous êtes levés? (…) C’est pour notre pays », a insisté Emmanuel Macron.