La Commission européenne envisage d’assouplir les droits de douane qui frappent les voitures électriques en provenance de Chine, ce qui pourrait fragiliser les constructeurs européens. Il s’agit d’un geste de rapprochement envers Pékin destiné à apaiser les tensions commerciales, mais l’industrie considère ce pari comme risqué.
Bruxelles envisage, ce mardi 13 janvier, d’alléger les droits de douane qui frappent les voitures électriques en provenance de Chine et qui inondent le marché européen. Le risque associé à la brèche ouverte par l’exécutif européen est désormais d’observer un afflux accru de véhicules chinois dans l’Union. La Commission étudie la possibilité de mettre en pause les droits instaurés en 2024: des surtaxes qui variaient entre près de 8% et plus de 35% sur les importations de véhicules électriques chinois, et ce pour une période initiale de cinq années.
Ce n’est toutefois pas une levée des protections sans condition. Bruxelles envisage, en contrepartie, la mise en place d’un mécanisme qui obligerait les constructeurs chinois à proposer des prix planchers, selon les modèles et les marques. L’objectif est de les contraindre à proposer leurs voitures sur le marché européen à des tarifs minimaux afin d’éviter une guerre des prix trop agressive, compte tenu du fait que l’industrie automobile chinoise bénéficie de soutiens importants de Pékin.
Si ce dispositif venait à être appliqué, il serait difficile d’estimer avec précision combien de véhicules supplémentaires les fabricants chinois pourraient envoyer sur le continent. À noter toutefois qu’en 2025, sur onze mois allant de janvier à novembre, plus de 730 000 voitures chinoises ont déjà été commercialisées en Europe, soit environ 200 000 unités de plus que l’année précédente. Cela montre que, malgré les surtaxes, les voitures chinoises s’imposent déjà massivement sur le marché européen.
Des répercussions lourdes pour l’industrie
On risque donc de fragiliser encore un peu plus les acteurs du secteur automobile européen. Face à cela, le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, a exprimé, samedi soir sur 42mag.fr, que diluer les protections en vigueur reviendrait à « un non-sens économique total et à un signal fâcheux pour notre souveraineté ». Les professionnels de l’automobile ne cachent pas leur perplexité. La Plateforme automobile, qui les représente, espère que le recul évoqué par la Commission ne sera pas pleinement mené à terme et qu’il ne s’agit que d’un simple signe diplomatique. Pour l’instant, Bruxelles privilégie une porte ouverte vers Pékin, mais aucune décision n’a été actée.
L’Europe cherche à apaiser des relations avec Pékin, qui vit mal ces droits de douane sur les véhicules électriques. En représailles, la Chine a lancé plusieurs enquêtes et appliqué des mesures protectionnistes touchant des produits européens tels que le vin, le cognac, les produits laitiers et le porc. En procédant à un assouplissement de ces surtaxes, Bruxelles entend inciter Pékin à adopter une attitude plus conciliante sur ces autres secteurs. Un pari risqué, considéré par beaucoup comme un véritable coup de poker.







