Selon l’élu et porte-parole du RN, il convient désormais d’envisager la reprise des scrutins au Venezuela, alors que, de son côté, Emmanuel Macron aurait renoncé.
À peine deux jours après l’arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro à Caracas par des forces américaines, le chef d’État sortant devra comparaître, lundi 5 janvier, devant une justice new-yorkaise, notamment sur des charges liées au « narcoterrorisme ». En invitant Laurent Jacobelli, député de Moselle et porte‑parole du Rassemblement national, l’émission d’Alix Bouilhaguet met en lumière sa critique d’un « droit autodéclaré par M. Trump à l’ingérence », tout en s’en prenant à la posture d’Emmanuel Macron dont le discours diverge de celui du ministre des Affaires étrangères.
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Alix Bouilhaguet : L’opération militaire menée au Venezuela par Donald Trump pour mettre Maduro hors d’état de nuire a bouleversé le monde. Ce matin, vous affirmez qu’il y a un dictateur de moins, ou bien vous dénoncez surtout la méthode américaine ?
Laurent Jacobelli : D’abord, chacun peut se réjouir de voir partir un despote communiste dont l’arsenal répressif est connu, et qui serait probablement impliqué dans une activité de narcotrafic ayant affaibli le pays, autrefois l’un des plus riches du monde et potentiellement riche de ses ressources pétrolières. Personne ne peut plaindre Maduro, excepté peut‑être Mélenchon, qui apprécie les régimes les plus improbables et les plus sanguinaires. Sur ce point, il peut exister un consensus.
Donc vous ne demandez pas ce matin que Maduro soit libéré par les Américains ?
Nous Pensons au peuple vénézuélien qui, à mes yeux, est désormais débarrassé d’un despote et l’on ne va pas rétablir cette dictature. En revanche, il faut désormais penser à la démocratie, au retour des élections, à l’établissement d’un gouvernement légitime et souhaité par la population, c’est‑à‑dire ramener la liberté dans ce pays. Ce qui peut choquer, c’est la méthode elle‑même, qui va à l’encontre du droit international et qui se présente comme un droit autodéclaré par Donald Trump d’ingérence. Nous sommes profondément attachés à la souveraineté des États et ce type d’approche n’a pas notre approbation.
Emmanuel Macron n’a pas prononcé un seul mot dans son communiqué relatif au droit international bafoué par Donald Trump. C’est Jean-Noël Barrot, le ministre des Affaires étrangères, qui s’en est chargé. Mais l’Élysée affirme que cela vise aussi à préserver ses échanges avec l’allié américain sur l’Ukraine. Il y aura demain à Paris une échéance majeure. L’émissaire américain sera présent. Rompre les ponts avec Trump pour contrarier les espoirs de paix en Ukraine… Macron n’aura‑t‑il pas voulu faire preuve de pragmatisme ?
Je pense qu’Emmanuel Macron a abandonné le cap. Il semble se contenter de ce que tout le monde a déjà perçu depuis longtemps : la diplomatie française sous Macron ne pèse plus. Même son propre ministre des Affaires étrangères n’adopte pas la même position que le président.
Il y a une répartition des rôles. À Jean-Noël Barrot le droit international, à Emmanuel Macron le soin de préserver Donald Trump…
Donc il s’occupe du régalien au quotidien, sauf le jour où survient une crise internationale, Emmanuel Macron. Non, tout cela ne paraît pas viable; c’est, à mon sens, le signe d’un manque de concertation et le résultat d’une France qui n’occupe plus le rôle central dans la diplomatie mondiale. On constate alors l’émergence d’un Donald Trump qui se croit peut‑être autorisé à tout faire. La France ne contredit plus ce type de décision, elle n’est plus entendue sur la scène internationale et cela pose problème, car Emmanuel Macron a confié la conduite de la diplomatie française à Madame von der Leyen, qui n’en possède pas l’autorité.
Est‑ce que ce n’est pas là le véritable problème, bien plus que l’impuissance française ou européenne que certains évoquent ?
Il ne fallait pas laisser Mme von der Leyen prendre les rênes.
Mais c’est l’inverse.
La France doit redevenir souveraine, tant sur le plan militaire que diplomatique, car tous les États européens n’ont pas les mêmes intérêts, ni la même histoire, ni les mêmes alliés. Il faut donc que la France puisse affirmer une voix distincte dans le concert des grandes puissances diplomatiques du monde. Or cette voix nous manque aujourd’hui et cela se ressent comme une entrave à la paix mondiale.
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