À partir de 2026, certains salariés pourraient débloquer jusqu’à 2 000 euros d’intéressement sans avoir à payer d’impôt. Cette initiative viserait à dynamiser la consommation des ménages.
Pour relancer la dépense des ménages, Bercy explore une piste nouvelle. Le ministère de l’Économie évalue la possibilité, pour les salariés dont le revenu ne dépasse pas deux fois le SMIC, de puiser exceptionnellement jusqu’à 2 000 euros dans leur plan d’épargne entreprise (PEE) en 2026, sans passer par l’imposition. Cette information a été communiquée par le service du ministre des PME et du pouvoir d’achat, Serge Papin, ce lundi 5 janvier.
Les fonds placés sur les plans d’épargne salariale — qui s’élèvent aujourd’hui à environ 200 milliards d’euros — sont habituellement bloqués pendant cinq ans, sauf dans certains cas liés à des évolutions familiales ou à des achats dans le cadre de la transition énergétique.
Selon le cabinet de Serge Papin, cette mesure aurait « un effet massif sur le plan individuel, sans déstabiliser l’épargne des PEE qui sert notamment à financer les entreprises et à stimuler la productivité ». Le ministre, ancien directeur général de Système U et familiarisé avec les questions de pouvoir d’achat, avait évoqué dès sa première interview, mi-octobre sur RTL, une utilisation immédiate de l’intéressement comme complément pour la consommation.
Ce mécanisme pourrait libérer près de 4 milliards d’euros
La proposition a été présentée lundi aux partenaires sociaux par le ministère, suscitant des réactions contrastées: certains syndicats préfèrent privilégier une augmentation générale des salaires. « La question du pouvoir d’achat est avant tout salariale », a déclaré Luc Mathieu, secrétaire national de la CFDT, à l’AFP, précisant que la mesure profiterait surtout aux salariés des grandes entreprises qui disposent déjà d’un PEE.
Du côté du patronat, le Medef n’a pas pris position, tandis que la CPME a accueilli favorablement le projet, affirmant qu’il « injecterait rapidement des liquidités dans l’économie réelle sans alourdir les charges patronales ». Elle souhaite même porter le seuil des salaires concernés à 3 SMIC et obtenir une augmentation du montant qui peut être retiré.
Ce dispositif pourrait permettre de libérer environ 4 milliards d’euros afin de donner aux salariés la possibilité de réaliser les projets qu’ils souhaitent, tout en soutenant la croissance économique. Comme pour les exceptions actuelles, ces 2 000 euros seraient défiscalisés tout en restant soumis à la CSG et à la CRDS. De plus, la somme débloquée devrait avoir été inscrite sur le PEE au 31 décembre 2025. Les discussions demeurent ouvertes avant l’entrée en vigueur éventuelle d’une telle mesure, qui serait instaurée par décret, selon Bercy.







