Aux États‑Unis, le coût des véhicules neufs atteint des sommets inédits, écartant progressivement du marché les foyers les plus modestes et ceux à revenu moyen. Malgré quelques ajustements réglementaires, la voiture, pilier historique du mode de vie américain, devient aujourd’hui de plus en plus difficile d’accès.
Aux États-Unis, la voiture est vue comme un élément central du quotidien et un symbole du mode de vie local. Néanmoins, le mythe de l’American dream dans ce secteur subit un coup d’arrêt, car les prix des véhicules ne cessent de grimper, compliquant les acquisitions. Deux chiffres permettent d’appréhender la situation actuelle du marché automobile américain. Depuis quelques semaines, l’achat d’un véhicule neuf exige au minimum 20 550 dollars (17612,99 euros). Ce seuil reflète le prix affiché pour le modèle Hyundai Venue en ce début d’année 2026.
En conséquence, on ne trouve plus de modèles bon marché: la barre des 20 000 dollars a été franchie récemment. La Nissan Versa, présente sur le marché depuis une vingtaine d’années, était encore listée à 18 000 dollars en octobre 2025 dans certaines concessions. Cependant, la production a été stoppée par la marque japonaise à la fin du mois de décembre. Plus tôt encore, Mitsubishi et Kia avaient aussi retiré de leur offre leur modèle d’entrée de gamme aux États‑Unis. Les raisons invoquées par ces constructeurs reposent sur la réduction de leurs marges en lien avec les tarifs douaniers imposés par Donald Trump, et sur une demande désormais tournant vers les SUV.
Une exclusion sociale de plus en plus marquée
Le coût moyen d’achat d’un véhicule neuf aux États‑Unis en décembre 2025 s’établissait à 50 326 dollars (43133 euros). Ce chiffre a franchi pour la première fois la barre des 50 000 dollars en septembre 2025 et ne cesse d’augmenter depuis lors. Les observateurs prévoient d’ailleurs que cette dynamique va perdurer, notamment en raison du coût élevé des voitures américaines. Selon les économistes, cela creuse une fracture de plus en plus nette entre, d’un côté, les foyers modestes et moyens, progressivement exclus du marché du neuf, et de l’autre, une catégorie plus aisée qui dépense sans compter.
Depuis 2020, le coût total d’une voiture — en intégrant assurances, réparations et carburant — a progressé d’environ 40,59 %. Cette flambée n’a pas encore été maîtrisée, ni par Joe Biden, ni pour l’instant par Donald Trump.
La nouvelle administration cherche des leviers indirects pour influencer les prix. On a ainsi vu les autorités fédérales revenir sur certaines décisions de Joe Biden qui favorisaient les véhicules électriques.
L’Agence de protection de l’environnement finalise actuellement une réglementation visant à supprimer certaines exigences relatives aux émissions des gaz d’échappement des véhicules neufs. Selon le département des Transports, cela pourrait permettre une réduction du prix de l’ordre de 1 000 dollars. Reste qu’une telle mesure pourrait accroître la pollution, mais dans un pays où la voiture demeure reine, ni le président ni les constructeurs ne semblent gênés, au grand dam des défenseurs de l’environnement.







