Selon le magazine allemand Der Spiegel, l’administration Trump envisagerait d’imposer de nouvelles mesures punitives à l’encontre des magistrats qui ont prononcé la condamnation de Marine Le Pen en première instance. Le procès en appel est prévu pour commencer à partir du 13 janvier.
Des magistrats français dans le collimateur de Washington ? Le président du tribunal judiciaire de Paris avertit contre une éventuelle intervention qui serait jugée répréhensible, après que des juges ayant instruit le dossier pénal lié au Rassemblement national ont été exposés à des menaces de sanctions émanant des États-Unis, selon les informations relayées par les médias.
« Si de tels éléments devaient se confirmer ou se réaliser, ils constitueraient une ingérence inacceptable et intolérable dans les affaires internes de notre pays, qui devrait provoquer la réprobation des pouvoirs publics », a précisé Peimane Ghaleh-Marzban lors d’un discours prononcé à l’occasion de l’installation de nouveaux magistrats, mardi 6 janvier.
Tout a commencé avec un article publié dans le magazine Der Spiegel. D’après ce document, l’administration Trump aurait envisagé d’imposer de nouvelles mesures punitives à l’encontre des magistrats ayant rendu la condamnation en première instance contre Marine Le Pen, l’ancienne candidate du RN.
« La réaction du président du tribunal judiciaire de Paris est opportune et légitime. Si ces informations se confirmaient, ce serait extraordinaire et scandaleux », s’indigne auprès de 42mag.fr Patrick Maisonneuve, avocat du Parlement européen et partie civile dans le dossier des assistants parlementaires européens du FN. Mais nous sommes en 2026, les juges ne se laissent pas impressionner par des pressions extérieures : ils demeurent indépendants.
Le RN dénonce une pression jugée inacceptable
Cette mise en garde du chef du tribunal parisien pourrait sembler être une forme de pression inadmissible exercée sur les magistrats, a réagi mercredi soir le parti d’extrême droite. Le RN affirme que les propos de Peimane Ghaleh-Marzban sont susceptibles de porter gravement atteinte aux droits des prévenus, et dénonční le tout comme la légitimation d’une fake news dans un communiqué.
Lors du délibéré du dossier, Marine Le Pen avait été condamnée à quatre années d’emprisonnement, dont deux avec sursis aménagés sous bracelet électronique, à hauteur de 100 000 euros d’amende et d’une interdiction d’éligibilité de cinq ans avec exécution immédiate. Son procès en appel relatif à l’affaire des assistants parlementaires européens du FN est prévu à Paris à partir du 13 janvier.
Si une nouvelle condamnation venait à être prononcée, cela mettrait gravement en péril sa perspective de se présenter à l’élection présidentielle de 2027. En mars dernier, Donald Trump avait déjà établi un parallèle entre la condamnation en première instance de Marine Le Pen et ses propres démêlés judiciaires.







