Le député centriste Jérémie Patrier-Leitus affirme que l’Assemblée nationale s’éloigne de ses principes, dénonçant ce qu’il voit comme une dérive, certains de ses collègues adoptant des comportements inappropriés et recherchant surtout le bruit et la visibilité.
« En tant que parlementaire, notre rôle consiste à veiller sur le service public audiovisuel, mais une commission d’enquête n’est pas un tribunal à charge, ni une suite de procès individuels », rappelle mercredi 4 février sur 42mag.fr Jérémie Patrier-Leitus, président de la commission d’enquête sur « la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public ».
« J’ai réaffirmé des principes simples, et en les répétant, je n’imaginais pas être accusé de vouloir bâillonner ou censurer le rapporteur ou la commission d’enquête », ajoute Jérémie Patrier-Leitus. « J’ai simplement indiqué qu’il faut traiter avec dignité les personnes que nous auditionnons, qu’il ne faut pas déformer ou instrumentaliser leurs propos et que nous devons mener cette Commission d’enquête dans un cadre respectueux et décent », précise le député Horizons du Calvados.
Des interventions pensées pour les réseaux sociaux
« Aujourd’hui, nous assistons à une dérive de notre Assemblée nationale », déplore-t-il en élargissant son propos à l’ensemble des députés et pas seulement à ceux qui font partie de la Commission d’enquête qu’il préside. Jérémie Patrier-Leitus constate des parlementaires qui cherchent le buzz, filment des vidéos TikTok ou encore qui tiennent des interventions à l’Assemblée conçues uniquement pour les réseaux sociaux.
La Commission d’enquête sur l’audiovisuel public, selon Jérémie Patrier-Leitus, ne doit pas devenir « un lieu où les députés cherchent une courte gloire médiatique ». Le député centriste assure n’avoir aucun dessein dirigé contre le rapporteur de ladite Commission, Charles Alloncle (UDR), qui a été réprimandé mi-décembre par la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet. Elle avait alors rappelé et regretté que « parfois, les commissions d’enquête peuvent être dévoyées ou utilisées à des fins politiques ». « Ce qui est certain », c’est que Charles Alloncle « poursuit des objectifs politiques et, après tout, il fait de la politique », concède Jérémie Patrier-Leitus. Il rappelle que si le député d’extrême droite « ne s’est pas exprimé sur la privatisation » de l’audiovisuel public, « on connaît les positions d’Éric Ciotti et de l’UDR sur le service public ».
Non à la privatisation, oui à la holding
Jérémie Patrier-Leitus affirme être « tout à fait opposé à toute privatisation ». Cependant, il souhaite « renforcer l’audiovisuel public », en tant que rapporteur d’une proposition de loi relative à la réforme de l’audiovisuel public et à la souveraineté audiovisuelle, qui viserait à créer une holding réunissant France Télévisions, Radio France et l’Ina. Selon lui, une telle structure permettrait « de renforcer l’audiovisuel public face à la concurrence des plateformes étrangères et des réseaux sociaux ».
Dans un entretien accordé à JDNews, Charles Alloncle aurait laissé entendre qu’en 2027, « avec Marine Le Pen, Jordan Bardella et Éric Ciotti, la fête serait finie », car le Rassemblement national et l’UDR proposent « aux Français de reprendre le pouvoir ». « Je ne sais pas ce qu’il entendait exactement », réagit Jérémie Patrier-Leitus, « en tout cas, moi je vous assure qu’il n’y aura personne qui reprendra le pouvoir sur l’audiovisuel public ».
« Personne ne peut dire ici que France Télévisions ou Radio France sont des médias d’État », ce sont « des médias indépendants et cette indépendance garantit aussi le bon fonctionnement de notre démocratie, et donc personne ne reprendra le pouvoir sur ces médias qui doivent rester indépendants », affirme Jérémie Patrier-Leitus.







