Plusieurs entreprises sud-coréennes envisagent d’introduire des robots à l’apparence humanoïde dans les usines, ce qui conduira à un remplacement progressif des ouvriers par ces machines. Un groupe d’élus a récemment déposé un texte de loi visant à obliger l’État à mettre en place des mesures afin de préparer les travailleurs humains à cette transition.
En Corée du Sud, l’automatisation prend une ampleur tangible, se matérialisant par l’arrivée de robots sur les chaînes de production. Le pays se positionne à l’avant-garde sur ce dossier, avec Hyundai en tête, qui détient le constructeur américain de robots Boston Dynamics.
Sur YouTube et sur les réseaux sociaux, des vidéos spectaculaires montrent des humanoïdes franchir des parcours d’obstacles sans jamais chuter. En janvier 2026, Hyundai a dévoilé Atlas, un robot spécialement conçu pour évoluer sur les lignes d’assemblage.
Atlas, le robot qui menace l’emploi des humains
À l’heure actuelle, de nombreux robots industriels opèrent déjà dans les usines automobiles du monde entier, notamment pour des tâches telles que la soudure ou la peinture. Les opérateurs humains restent toutefois indispensables pour les opérations les plus fines et délicates que les bras robotiques géants ne savent pas réaliser. Par exemple, ce sont encore des ouvriers qui connectent l’électronique des tableaux de bord ou ajustent les minuscules composants dans le système motrice.
Avec Atlas, ces postes pourraient toutefois disparaître. Connecté à une plateforme d’intelligence artificielle, il progresse en continu en assimilant de nouveaux gestes et dispose de mains précises et articulées capables de manipuler rapidement et sans erreur.
Le « Choc Hyundai » évoqué par les élus
Des responsables politiques coréens redoutent des suppressions d’emplois à grande échelle dans ce secteur. Ils évoquent même le « Choc Hyundai » et estiment que ces robots pourraient faire leur apparition dans les usines du constructeur d’ici 2028, alimentant leurs inquiétudes quant à l’emploi humain.
Le coût d’achat d’un Atlas avoisine les 130 000 euros, mais son entretien annuel se situe en dessous de 8 000 euros, soit un dixième du coût d’un salarié. Autre élément avancé : contrairement à un être humain, un Atlas peut travailler 24 heures sur 24.
Ces chiffres pourraient donc accélérer les décisions des industriels, non seulement dans l’automobile, mais aussi dans les domaines de l’électronique, de la logistique et de la construction.
Protéger les travailleurs
Un collectif de députés, dirigé par Choi Eun-seok, vient de déposer un amendement à la loi-cadre sur l’intelligence artificielle. Ils souhaitent imposer légalement à l’État de planifier l’introduction de ces robots et de prévoir, pour chaque contexte, une solution adaptée aux travailleurs concernés.
L’État devra veiller à ce que chaque salarié remplacé bénéficie d’une formation pour faciliter sa reconversion professionnelle, ainsi que d’un soutien financier spécifique.
Cette protection ne serait pas limitée aux seuls ouvriers de l’automobile. Le texte vise à étendre ce dispositif à tous les secteurs où ces technologies basées sur l’IA risquent de bouleverser le marché du travail.







