Ce mouvement historique des collaborateurs du géant français du jeu vidéo cherche à dénoncer un plan d’économies drastique et l’imposition d’une restriction accrue du télétravail par les responsables.
La grève menée chez Ubisoft a mobilisé environ 1 200 salariés sur les 3 800 que compte le groupe en France, mardi 10 février, selon les chiffres que communiquent les syndicats. Il s’agit du mouvement social le plus soutenu que le groupe ait connu durant sa phase de réorganisation en cours. Plus d’une centaine d’employés se sont rassemblés en milieu d’après-midi devant le siège de l’éditeur à Saint-Mandé (Val-de-Marne), afin d’exiger que la direction fasse marche arrière sur son projet d’imposer cinq jours de présence physique par semaine. Ces grévistes ont été rejoints par les députés LFI Ugo Bernalicis et Antoine Léaument, ainsi que par Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT.
À Bordeaux, une trentaine de salariés ont manifesté devant le studio installé dans le quartier de La Bastide. Laura Turban, représentante du Syndicat des travailleurs du jeu vidéo (STJV), perçoit dans cette mesure « un moyen de pousser les employés vers la sortie ».
Englué dans des difficultés financières, l’éditeur des franchises Assassin’s Creed, Just Dance et Far Cry cherche à se repositionner dans un marché devenu de plus en plus concurrentiel. Cette vaste réorganisation s’accompagne d’une nouvelle cure d’austérité de 200 millions d’euros sur deux ans et de l’annulation de plusieurs jeux. Le groupe a également annoncé fin janvier un projet de plan de départs volontaires, sous la forme d’une rupture conventionnelle collective, visant 200 postes au siège.
Mardi, des rassemblements ont aussi eu lieu à Montpellier, Annecy et Lyon. Un piquet de grève a été installé devant le studio de Milan. Les syndicats ont appelé à poursuivre le mouvement jusqu’à jeudi.







