Ce terme renvoie à une technique d’égorgement utilisée par des combattants du Front de libération nationale durant la guerre d’Algérie, période au cours de laquelle l’armée française pratiquait la torture et des exécutions sommaires.
« Je lui ai adressé un sourire teinté de Kabylie », voilà une parole présentée par Sophia Chikirou comme une plaisanterie, prononcée par la candidate insoumise à la mairie de Paris à l’intention d’une humoriste, mardi 10 février. Elle a été tenue au cours d’un échange sur le thème « Climat et municipales », organisé à la Climate House, située dans le 2e arrondissement de la capitale.
Le débat s’ouvrait sur un portrait satirique dessiné par l’humoriste Adele Barbers, comme cela avait été le cas pour Pierre-Yves Bournazel (Horizons) et Emmanuel Grégoire (Parti socialiste), invités ici quelques mois plus tôt. Après quelques traits d’esprit sur la réévaluation récente de LFI, classée à l’extrême gauche par le ministère de l’Intérieur, la députée a d’abord interrompu la humoriste lorsque fut évoqué son passage dans le mouvement La Gauche moderne en 2007. Elle n’a ensuite cessé d’intervenir sur le sketch et s’est notamment énervée lorsque des rumeurs circulaient sur une supposée relation avec Jean-Luc Mélenchon. La candidate a alors repris la parole et reproché à l’artiste de parler de sa vie privée.
Un passage qui émerge dans un contexte de remise en cause de LFI
À l’issue du spectacle, Sophia Chikirou est montée sur scène et, sur le mode de la plaisanterie, a lancé: « On attend son départ, Adele. » Puis elle a ajouté : « Je lui ai adressé un sourire kabyle. » Si la première dérision a été bien accueillie, la seconde n’a pas suscité de réaction de l’auditoire. La candidate a alors interrogé le public: « Qui sait ce qu’est un sourire kabyle ici ? » Un spectateur lui a répondu: « Ce n’est pas bien. »
Cette expression renvoie à une technique d’égorgement employée par des combattants du Front de libération nationale (FLN) pendant la guerre d’Algérie, une période marquée par des tortures et des exécutions sommaires perpétrées par l’armée française, rappelle l’historien Benjamin Stora. Suite à la publication, sur YouTube, de la captation de l’événement par Climate House mardi 17 février, les propos de Chikirou ont suscité de nombreuses réactions, d’autant plus dans le contexte tragique de la mort du militant identitaire Quentin Deranque à Lyon, le samedi 14 février.
Des mots prononcés avant la mort de Quentin Deranque
Sarah Knafo, eurodéputée et membre du parti Reconquête, candidate à la mairie de Paris, a réagi sur X, mercredi 18 février, en écrivant: « Samedi, l’extrême gauche tue. Dimanche, elle inverse les rôles. Mardi, elle menace de mort. » Toutefois, l’élue, affiliée au mouvement d’Eric Zemmour, s’est ensuite trompée sur la date exacte. Bien que l’enregistrement de l’entretien ait été mis en ligne le mardi 17 février, il avait été enregistré le mardi 10 février, comme l’indique clairement le titre de la vidéo. Autrement dit, ces mots furent prononcés trois jours avant le décès du militant identitaire.
« Il s’agissait d’un trait d’humour, comme le montre la vidéo où l’on voit que le ton était léger : il est regrettable de chercher à en faire une polémique excessive », réplique à 42mag.fr l’équipe de campagne de Sophia Chikirou. « L’humoriste était formidable et Sophia a beaucoup apprécié son sketch, dont la finesse et l’originalité la porteraient sur les grandes scènes. Après la rencontre, la comédienne a reconnu elle-même que certains passages pouvaient être déplacés et a présenté ses excuses à Sophia », a ajouté l’équipe de la candidate à la mairie de Paris. Interrogée à ce sujet par Le Parisien, l’humoriste Adele Barbers a précisé : « Ce n’est pas exactement comme ça. Je ne m’excuse pas pour des propos que j’ai tenus. J’ai simplement dit que je regrettais si je l’avais blessée. »







