Lors de son passage sur le plateau de La Matinale ce jeudi 26 février, Sophia Chikirou, députée LFI et candidate à la mairie de Paris, est revenue sur le léger remaniement ministériel et sur le départ de Rachida Dati du ministère de la Culture afin de se consacrer pleinement à sa campagne, préconisant l’organisation de débats entre les candidats. Elle a aussi assumé ses propos controversés visant « les fascistes » dans les institutions et dans certains médias, dénonçant, selon elle, la banalisation des idées d’extrême droite dans le débat public.
Cette section provient d’une portion de la transcription de l’entretien mentionné ci-dessus. Pour regarder l’entretien dans son intégralité, appuyez sur la vidéo.
Serge Cimino : Hier, l’Élysée a diffusé la nouvelle d’un remaniement ministériel, annonçant l’arrivée de quatre ministres dans l’équipe au pouvoir. Je ne vous demanderai pas de commenter cet ajustement, mais l’un des éléments de ce remaniement vous touche personnellement. Rachida Dati a quitté le ministère de la Culture pour se consacrer pleinement à sa campagne. Cette clarification était-elle nécessaire, à quelques jours de l’ouverture officielle de la campagne ?
Sophia Chikirou : À mon sens, tout le monde avait compris que Rachida Dati envisageait de cumuler, jusqu’au dernier moment, ses fonctions de ministre de la Culture, de candidate et de maire du 7ᵉ arrondissement. Selon moi, il n’y avait pas vraiment besoin d’éclaircissements.
En revanche, j’espère que ce réaménagement lui laissera davantage de temps pour prendre part aux débats télévisés proposés par diverses chaînes. Il est crucial que nous puissions confronter nos projets et présenter nos programmes devant les Parisiens. Pour l’instant, elle refuse ces débats, et, pour ma part, je souhaite pouvoir échanger directement avec l’ensemble des candidats à la mairie de Paris.
Vous voulez dire que, pour elle, la campagne ne commencerait véritablement qu’à l’entre-deux-tours ?
Je n’ai pas connaissance de son plan de campagne et j’ignore si elle envisage d’accepter des débats entre les tours. Toutefois, il serait préférable que ces échanges se tiennent avant le premier tour. Il est essentiel que tous les candidats acceptent la confrontation démocratique et participent à ces débats.
Nous verrons si elle répond à votre appel. Depuis une quinzaine de jours, et notamment depuis la mort de Quentin Deranque à Lyon, la campagne municipale semble avoir changé de ton. Hier encore, lors d’un meeting, Jean-Luc Mélenchon a vivement critiqué la presse.
Vous-même avez suscité la polémique dimanche dernier, lors d’une réunion publique, en déclarant qu’il fallait » virer les fascistes de l’Assemblée », « des conseils municipaux » et « des médias », concluant en les qualifiant de « nazis à petits pieds ». Certains jugent ces propos excessifs. Que leur répondez-vous ?
Je maintiens mes propos. J’ai appelé à écarter les fascistes des institutions — de l’Assemblée nationale, des conseils municipaux — ainsi que ceux qui, sur certains plateaux télévisés, se comportent en relais complaisants de ces idées. J’ai évoqué le « laquais des fascistes », en précisant bien que je ne visais pas l’ensemble des journalistes, mais ceux qui, selon moi, militent politiquement tout en se prévalant du statut de journaliste.
La formule « nazis à petits pieds » renvoie d’ailleurs à une expression employée par Simone Veil, qui parlait de « SS à petits pieds » pour désigner des militants d’extrême droite. Mon propos s’inscrit dans cette dénonciation des idéologies d’extrême droite.
Je considère qu’il est nécessaire d’empêcher l’entrée de représentants fascistes dans les institutions. J’invite donc les Parisiens à voter pour faire barrage à ces idées. Lorsque de telles forces accèdent à des responsabilités, leurs positions s’installent dans le débat public, notamment à travers certains médias détenus par de puissants intérêts privés, dont le projet politique est clairement orienté.
Je le répète : je ne mets pas en cause l’ensemble des journalistes. Je critique ceux qui, selon moi, se comportent comme des militants d’extrême droite sur les plateaux de télévision.
C’est notamment l’usage du mot « nazi » qui a choqué.
Ce qui dérange, surtout, c’est l’idée que certains journalistes puissent être perçus comme des militants politiques ne méritant pas leur carte de presse. La réaction corporatiste a été très forte. Pourtant, chacun est libre d’organiser une conférence de presse, y compris auprès de médias numériques indépendants.
Ce passage fait partie de la transcription de l’entretien mentionné plus haut. Pour accéder à l’intégralité, cliquez sur la vidéo.







