Au cours de son allocution, le leader de la France insoumise a pris à partie la presse et dénoncé ce qu’il décrit comme une déferlante médiatique qui le viserait. Il a aussi réaffirmé son soutien à la Jeune Garde.
Foutez-moi la paix. Lors d’un meeting à Lyon, le jeudi 26 février, Jean-Luc Mélenchon a pris pour cible les médias traditionnels. Durant environ quarante-cinq minutes, le chef de file de la France insoumise a mené des attaques véhémentes contre la presse, et tout particulièrement contre 42mag.fr. Le candidat à la présidentielle a peu évoqué les municipales et a immédiatement engagé un échange frontal avec les journalistes en faisant siffloter plusieurs titres, parmi lesquels Libération.
Il a ensuite chaleureusement salué certains titres qui lui plaisent, comme l’Humanité, et a aussi mis en avant les « nouveaux médias numériques », souvent perçus comme à gauche, pour lesquels il avait organisé une conférence au siège de la France insoumise le lundi précédent. Cette préférence pour écarter les médias traditionnels a provoqué une vive polémique. « Vous n’avez pas le pouvoir de nous convoquer. Vous n’avez pas le pouvoir de vous inviter de force », a-t-il protesté.
Jean-Luc Mélenchon a aussi ciblé jeudi soir « les croûtons » et « la vieille presse indignée », dénonçant une « déferlante médiatique » qu’il est, selon lui, en droit d’affronter : « Vous savez tous comme moi que c’est un problème dans un pays libre. »
« On a le droit, quand on est interrogé, de ne pas être tenaillé et de ne pas subir la question ordinaire et la question extraordinaire, comme au Moyen-Âge avec les inquisiteurs. »
Jean-Luc Mélenchonen meeting à Lyon le 26 février 2026
« Le mouvement insoumis n’est pour rien dans ce qui vient de se produire »
Une grande partie de ce long meeting a aussi tourné autour de la mort de Quentin Deranque. La France insoumise se retrouve au cœur d’une polémique liée à son soutien envers Raphaël Arnault, député du Vaucluse et cofondateur du collectif antifasciste Jeune Garde, dont l’ancien collaborateur parlementaire est mis en examen pour complicité d’homicide volontaire par instigation dans le meurtre du militant identitaire. Jeudi matin, deux figures de gauche, François Ruffin sur 42mag.fr et Marine Tondelier sur France Inter, ont appelé à la démission de Raphaël Arnault.
« Tout ce que j’ai dit sur l’événement lyonnais, tout était vrai. Et le mouvement insoumis n’est pour rien dans ce qui vient de se produire », s’est défendu Mélenchon, qui a réaffirmé son soutien à la Jeune Garde. « La demande de dissolution de la Jeune Garde ne repose sur rien… ce n’est pas une organisation criminelle », a assuré le fondateur de la France insoumise.
À la sortie du meeting organisé par la Bourse du Travail de Lyon, où environ deux mille personnes avaient pris place selon les chiffres de LFI, le public s’est montré conquis : « C’est pratiquement un one-man-show. C’est incroyable. » Si certains estiment que Mélenchon a pu commettre quelques maladresses, comme ce Lyonnais d’une quarantaine d’années qui déclare : « Une personnalité aussi publique et aussi en vue que Mélenchon peut dire des choses qui ne correspondent pas exactement à ce qu’il aurait fallu dire. »
En maintenant une stratégie à fond la caisse, Mélenchon, qui semble presque se projeter comme candidat en vue de 2027, consolide sa base tout en risquant de s’isoler et de se couper d’électeurs plus modérés.







