Différemment de 2020, le parti a déposé des candidatures dans 504 communes, dont quelques-unes qu’il espère arracher à ses rivaux socialistes.
À l’approche du premier tour des municipales, fixé au dimanche 15 mars, La France insoumise affirme pour la première fois des ambitions propres à la campagne locale. Cela représente un virage majeur par rapport à 2020. À l’époque, LFI, qui n’est né que quatre ans auparavant, se bornait à soutenir des listes citoyennes dans une centaine de communes. Six années plus tard, le mouvement est présent dans 504 communes, dont 380 avec une tête de liste insoumise, selon les chiffres publiés par le parti.
Cependant, les villes où les insoumis ont réellement une chance de l’emporter ne se comptent pas à la pelle. La plus plausible pourrait être Roubaix, dans le Nord, où les sondages placent le candidat LFI David Guiraud en tête de façon nette. Si cela se vérifie, ce serait une première pour LFI de prendre les rênes d’une ville d’environ 100 000 habitants. Jusqu’ici, le mouvement ne disposait que d’une poignée de mairies, majoritairement dans des communes de taille moyenne ou petite.
Objectifs élargis et calendrier national
Deux motifs expliquent l’engagement accru de LFI dans les municipales 2026 : d’un côté, la volonté de diriger des villes et d’en déstabiliser les autres formations de gauche pour affaiblir leurs adversaires, notamment les socialistes. D’abord les sénatoriales, car les élus municipaux jouent le rôle de grands électeurs et seront appelés à voter lors des élections sénatoriales prévues en septembre prochain. « Beaucoup de choses se jouent au Sénat », répète un député insoumis.
La seconde raison réside dans l’élection présidentielle de 2027. Pour LFI, l’objectif est d’être présent sur tous les fronts—à l’Assemblée, dans les mairies et au Sénat afin de préparer la candidature, quasi certaine, de Jean-Luc Mélenchon. « Les municipales, c’est une répétition générale de la présidentielle », affirme un cadre du mouvement.
Avant cela, le premier tour se tiendra ce dimanche alors que LFI sort tout juste d’une période marquée par une série de polémiques, y compris de nouvelles accusations d’antisémitisme visant Jean-Luc Mélenchon. Quelle influence cela aura-t-il sur les électeurs ? « Ce matraquage médiatique consolide notre socle et nous renforce », assure une députée insoumise. Mais un candidat insoumis dans les municipales avance une vision plus sombre : « Ce serait faux de dire qu’on ne nous interroge pas sur les sorties de Jean-Luc Mélenchon ».







