Catherine Ringer, chanteuse et cofondatrice des Rita Mitsouko, est décédée dans la nuit du 14 septembre à l’âge de 68 ans. Ses enfants ont annoncé le décès dans un communiqué transmis à l’AFP le 15 septembre, précisant qu’elle avait été atteinte d’un cancer à progression rapide. L’annonce de la famille fait foi des circonstances rapportées ici.
Ringer avait formé Les Rita Mitsouko avec le guitariste Fred Chichin au début des années 1980. Leur collaboration mêlait le rock, la new wave, la pop, le théâtre et la danse, dans une forme qui échappait à toute catégorie française établie. Le duo gagna une notoriété générale après le succès de Marcia Baïla en 1985, suivi de titres comme Andy et C’est comme ça.
Une voix qui échappe aux catégories
L’importance du groupe ne se limitait pas à ses tubes. Le phrasé théâtral de Ringer, son style de prestation physique et son imagination visuelle rendaient la voix et l’image des Rita Mitsouko indissociables. L’hommage du Ministère de la Culture qualifiait le duo de force de liberté et de rébellion dans la France des années 1980, évaluation officielle plutôt que compte rendu critique indépendant.
Chichin est décédé en 2007 après près de trois décennies de collaboration avec Ringer. Elle a poursuivi sa scène et ses enregistrements, tant sous son nom que par le biais de projets qui ont maintenu leur répertoire commun sur les planches. L’obituary du Monde situe ce travail ultérieur dans une carrière restée résolue à défier les conventions musicales et sociales fixes.
Pourquoi le catalogue voyage encore
Pour les auditeurs hors de France, Les Rita Mitsouko offrent une passerelle utile vers une période où la pop française absorbait des sonorités internationales sans renoncer à la théâtralité ni aux rythmes propres de la langue. Leurs œuvres peuvent sonner à la fois de manière ludique, abrasée et directement émotionnelle au sein d’une même chanson. Cette tension explique davantage que ne le ferait une simple liste de places au palmarès.
La nouvelle immédiate est la perte d’une grande interprète française, confirmée par sa famille et suivie d’un hommage national officiel. L’histoire plus longue sera celle des musiciens, des diffuseurs et du public qui réexamineront un répertoire dont l’influence s’étend du rock alternatif à la mode, la chorégraphie et le design scénique. Ringer laisse derrière elle trois enfants et une œuvre accumulée sur plus de quatre décennies.







