L’administration a précédemment proclamé diverses initiatives pour aider économiquement et pour faciliter les procédures administratives. Cependant, les associations professionnelles exigent de pousser davantage l’effort.
« Tant que les promesses du gouvernement ne sont pas respectées, nous ne réduirons pas la pression », a averti le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, dans un entretien avec RTL le jeudi 15 février. À la veille du Salon de l’agriculture, on se souvient encore des importantes manifestations nationales du secteur agricole à la fin du mois de janvier. Bien que les barrages aient été levés début février suite à plusieurs annonces sous réserve du respect de diverses demandes ultérieures, certains agriculteurs estime que la voyent la mise en œuvre de ces promesses comme étant trop lente. Que les agriculteurs ont-ils obtenu jusqu’à présent ? Quelles sont leurs revendications restantes? Voici un aperçu de la situation par 42mag.fr.
Les accomplissements passés des agriculteurs
Parmi les principales déclarations de Gabriel Attal, figurent une série de mesures d’aide financière d’urgence pour un total de 400 millions d’euros. Ces fonds sont notamment alloués aux éleveurs (150 millions d’euros en aide fiscale et sociale), les viticulteurs (un fonds d’urgence multiplié par quatre pour atteindre 80 millions d’euros), la filière bio (50 millions d’euros), entre autres.
Le Premier Ministre a annoncé une consolidation des lois Egalim, conçues pour protéger les revenus des agriculteurs. Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, a révélé qu’il avait repéré 124 contrats entre les industriels et les distributeurs qui n’appliquaient pas ces lois et a envoyé des injonctions à ces entreprises.
Pour attirer la jeune génération, le gouvernement a également annoncé l’augmentation des seuils d’exonération pour la transmission de patrimoine. L’une des revendications financières fortement demandées concernait le gazole non routier (GNR), le carburant utilisé par les véhicules agricoles. Le gouvernement a renoncé à l’augmentation prévue de la taxe sur ce carburant et s’est engagé à appliquer l’avantage fiscal accordé aux agriculteurs dès la livraison, sans avoir besoin de demander un remboursement ultérieur, dès juillet.
Le Premier ministre a aussi promis dix mesures immédiates de « simplification administrative », afin d’accélérer les procédures pour le curage des cours d’eau, la construction de bâtiments pour l’élevage ou des projets d’infrastructures pour le stockage de l’eau. Il a également promis de mettre fin au régime d’exception pour les délais de recours contre les projets agricoles et à « supprimer un niveau de juridiction » dans les procédures portant sur les agriculteurs.
Gabriel Attal, en visite dans la Marne le jeudi, a expliqué qu’à ce jour, une soixantaine d’arrêtés préfectoraux avaient été modifiés ou abrogés. Le Premier ministre a aussi approuvé l’idée d’un suivi mensuel avec les syndicats pour surveiller la mise en œuvre du plan de simplification normative.
Les attentes actuelles des agriculteurs
Bien que ces annonces soient saluées par les organisations professionnelles, beaucoup pensent qu’elles ne vont pas assez loin. Par exemple, la Coordonnation Rurale a critiqué les conditions compliquées de l’indemnisation promise et suggère que les taxes sur le GNR et les droits de succession soient tout simplement supprimées.
La Confédération paysanne a appelé à une loi interdisant les transactions en deçà du prix de revient, c’est-à-dire en dessous des coûts de production en y incluant la rémunération et la protection sociale.
Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, le principal syndicat agricole, a demandé plus de précisions sur le « plan ambitieux » pour l’élevage promis par le gouvernement, tout en rappelant l’opposition de la France à l’accord commercial actuellement en négociation entre l’Union Européenne et les pays du Mercosur en Amérique latine.
Certaines catégories d’agriculteurs se sentent lésées par les mesures annoncées. Des éleveurs de moutons se sont rassemblés mardi devant le ministère de l’Economie, se sentant être « les grands oubliés de l’exception agricole ».
Les demandes des agriculteurs à l’international demeurent également nombreuses. La Confédération paysanne a par exemple appelé la France à mettre fin aux négociations sur les accords de libre-échange. Elle insiste sur le fait que les produits importés respectent les mêmes normes que les produits français.
Les syndicats agricoles continuent de pousser pour de nouvelles annonces tout en mettant l’accent sur l’application rapide et rigoureuse des engagements faits par le gouvernement. Ils attendent un calendrier clair pour l’application des mesures et un changement de paradigme. Des messages que la Coordonnation rurale et la Confédération paysanne ont pu transmettre à Emmanuel Macron, lors de leur réception séparée à l’Elysée mercredi.