Différents dirigeants politiques ont exprimé leur désaccord sur l’absence de l’emblème national français et du symbole chrétien sur le dôme des Invalides.
Un graphisme qui provoque la discorde. Certaines personnalités de la droite et de l’extrême droite ont exprimé leur désapprobation, mardi 5 mars, face à l’affiche officielle des Jeux olympiques présentée la veille. Ils déplorent l’absence du drapeau français et de la croix chrétienne sur le dôme des Invalides. Ces critiques, davantage politiques qu’esthétiques, ont rapidement été partagées sur le réseau social X.
Depuis le Rassemblement national, son dirigeant, Jordan Bardella, y voit un « dédain pour notre emblème national, une annihilation de notre héritage chrétien ». Thomas Ménagé, représentant des élus RN à l’Assemblée nationale, critique un « exemple douloureusement absurde de l’effacement progressif de la France ». Pour Nicolas Meizonnet, député RN du Gard, il s’agit d’une manifestation de « wokisme [qui] doit être résisté de manière ininterrompue partout ».
Eric Ciotti voit une affiche qui « refuse la histoire française »
De son côté, François-Xavier Bellamy, adversaire des Républicains aux élections européennes, a accusé ceux qui « sont disposés à nier la France jusqu’à déformer la réalité pour éradiquer son histoire ». Il concentre sa critique sur la croix, qui « représente la signification profonde » des Invalides. Leur dôme « n’est pas celui d’une grande surface, mais d’une chapelle », a soutenu le leader de son parti, Eric Ciotti, pour qui l’affiche « refuse même l’identité de cet édifice et l’histoire française ».
Le travail de l’illustrateur Ugo Gattoni est jugé « scandaleux » par le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan qui regrette que « la France se discrédite en reniant son passé et sa culture ». Quant à la tête de liste Reconquête pour les élections européennes, Marion Maréchal, elle s’est posé la question : « Pourquoi avoir effacé la croix au sommet du dôme des Invalides? Pourquoi est-ce qu’il n’y a aucun drapeau français? Quel est l’intérêt d’accueillir les Jeux olympiques en France si c’est pour masquer qui nous sommes? »
L’illustrateur défend un « monde surréaliste »
L’auteur de l’affiche a expliqué, dans une déclaration à l’AFP, qu’il a suivi une approche artistique qui « ne vise pas à représenter fidèlement les objets ou les monuments ». « Je fais plutôt allusion à eux, tels qu’ils me viennent à l’esprit sans aucune intention cachée ».
« Ce ne sont pas [les objets et bâtiments] conformes à l’original que je cherche à illustrer, mais plutôt à suggérer leurs formes en un éclair, tout en les inscrivant dans un contexte à la fois surréaliste et festif. »
Ugo Gattoni, créateur de l’affiche des JO de Paris 2024à l’AFP
Le Comité d’organisation des Jeux olympiques (Cojo) a, lui aussi, défendu cette « représentation artistique exubérante, insouciante d’une vision revisitée de la ville-stade » dans laquelle « plusieurs éléments ont été revisités par l’artiste ». Le Cojo a rappelé qu’il s’agit d’une « image ni complète, ni précise – la vague de Tahiti est à l’extérieur de la Marina de Marseille, la Tour Eiffel est rose, le métro passe sous l’Arc de Triomphe – et qui ne devrait pas donner lieu à des interprétations politiques ».