« L’on ne cesse de vous mesurer à des normes masculines », a affirmé l’ex-chef du gouvernement lors d’une intervention sur RTL, le vendredi.
Presque soixante jours après qu’elle a laissé la tête de Matignon à Gabriel Attal, Elisabeth Borne s’est à nouveau exprimée dans le cadre de la journée internationale des droits des femmes, le vendredi 8 mars. Elle a pointé du doigt un « sexisme sournois » qui continue de prévaloir dans un contexte politique encore dominé par des « normes masculines ».
« Nous ne sommes pas dans une situation de sexisme déchaîné tel qu’Edith Cresson a pu l’expérimenter ». Ce dernier fut la première femme à piloter le gouvernement français (de mai 1991 à avril 1992). « Il subsiste néanmoins une sorte de sexisme probablement plus sournois », a indiqué Elisabeth Borne lors de son intervention sur RTL. « Vous êtes constamment jugée par rapport à des standards masculins, par exemple lors de votre visite du Salon de l’agriculture (…). L’homme est toujours la référence », a précisé l’ancienne Première ministre, souvent représentée comme réservée et strictement professionnelle.
« Les hommes dans la politique vont tous essayer d’imposer leurs propres codes masculins, cela élimine la rivalité », a-t-elle remarqué, en soulignant que « parmi les noms qui ont été évoqués pour me succéder, il n’y avait que des hommes, aucun nom de femme ». « Comme si les observateurs pensaient: : ‘Nous avons eu une femme comme Première ministre pendant presque deux ans, la case est cochée ! Reprenons une vie normale, donc le prochain sera forcément un homme' », a regretté Elisabeth Borne, semble-t-il insatisfaite.