Trois mois après son accession au pouvoir, Javier Milei bénéficie toujours de l’approbation de 45% des citoyens. Equipé de sa tronçonneuse symbolique, il a entrepris de revitaliser l’économie et d’éradiquer la corruption au sein de l’élite politique nationale.
Cent jours avec Javier Milei aux commandes
Il est au pouvoir depuis maintenant 100 jours, le président ultra-libéral Javier Milei, déterminé à mettre fin à ce qu’il considère comme le laxisme et le gaspillage de l’émigrant. Dévoué à relancer économiquement l’Argentine et à éliminer la corruption politique, Milei semble y parvenir. S’il fallait se référer aux sondages, 61% des Argentins lui faisaient confiance au moment de son entrée en fonction. 100 jours plus tard, ce pourcentage a diminué, mais il jouit toujours du soutien de 45% de la population, en dépit de l’intense politique de réforme qu’il a mise en œuvre depuis décembre dernier.
Le défi de la gouvernance de Milei
Ni la libéralisation des prix, ni la dévaluation de la monnaie, ni la mise au rebut d’une loi limitant les loyers, ni la coupure de 50 000 emplois dans le secteur public, ni l’élimination des subventions aux transports et à l’énergie – en gros, toutes les décisions difficiles prises par le président ne semblent avoir fait reculer Javier Milei. Ces changements ont entraîné une multiplication par trois du coût des tickets de bus et une réduction de près de 20% du pouvoir d’achat des Argentins en l’espace de deux mois. Pour les moins nantis, le gouvernement les autorise désormais à payer leur loyer en lait ou en viande. Cette évolution est perçue par certains comme un retour à une société « féodale ». Milei, sans conteste, est strict envers les argentins lorsqu’il déploie son plan ultra-libéral.
« Un gladiateur ne capitule jamais »
Depuis l’arrivée de Milei au pouvoir, le taux de pauvreté a augmenté de 15%, avec 60% des Argentins vivant désormais dans la pauvreté. Bien que contrarié par la situation, Milei reste déterminé, croyant être proche de son objectif. Avec l’inflation ramenée à 13% et un déficit qui se rapproche de zéro, le président croit que le pire est derrière lui. Les sceptiques qui pensaient qu’il ne tiendrait pas plus de 15 jours ou un mois au pouvoir ont été démentis par le fait qu’il est toujours aux commandes trois mois plus tard. « Ils ne me connaissent pas, un gladiateur ne se rend jamais », aurait-il déclaré avec un sourire sardonique.
Cependant, même s’il persiste, le gladiateur Milei n’a pas évité les coups durs. Certains étaient prévus, d’autres l’ont pris par surprise, comme les intrigues politiques de Victoria Villaruel, la vice-présidente qu’il a lui-même choisie. Les manœuvres suspectes de Villaruel, notamment sa tentative d’introduire sans l’accord de Milei un décret d’urgence et de nécessité (DNU) qui a été immédiatement rejeté, et des rumeurs d’une rencontre secrète avec l’ancien président Macri, ont inquiété le président. La vice-présidente a même été exclue d’un conseil des ministres par la propre sœur de Milei, une conseillère proche du président. Au vu de ces développements, le « gladiateur » Milei pourrait avoir à se préparer à un changement de décor pour le reste de son mandat, elle pourrait se transformer de l’épopée du Péplum en une saga de télénovela.