Le gouvernement envisage effectivement d’augmenter la durée du délai de carence pour les congés maladie des employés du secteur public et de réduire leur salaire pendant cette période à 90% du montant habituel, au lieu du plein traitement actuel.
« Pour véritablement s’attaquer à l’augmentation des coûts liés aux soins médicaux et réduire le nombre d’arrêts maladie, le gouvernement devrait adopter une approche plus proactive en matière d’amélioration des conditions de travail », recommande Jean-Michel Sterdyniak, secrétaire général du Syndicat national des professionnels de la Santé au Travail (SNPST), lors de son intervention sur France Culture le lundi 28 octobre. Cette déclaration intervient alors que le gouvernement envisage des changements dans la réglementation des arrêts maladie pour les fonctionnaires.
L’administration souhaite effectivement prolonger la durée de la période de carence pour les arrêts maladie dans le secteur public, tout en réduisant la rémunération à 90% au lieu des 100% actuels. Cette mesure est justifiée par une prétendue augmentation de l’absentéisme parmi les employés du service public. Cependant, Jean-Michel Sterdyniak, médecin du travail, soutient que cette hausse des arrêts maladie est principalement due à la « détérioration des conditions de travail dans les entreprises ». Il met en garde contre les « risques psycho-sociaux associés aux nouvelles méthodes d’organisation du travail ».
Remettre en question le style de management
Le secrétaire du SNPST ressent que « souvent, les responsables sont formés à un style de management dénué de bienveillance ». Selon lui, ce « mal-être professionnel » contribue largement aux « arrêts maladie ». Il ajoute qu’« une personne en arrêt maladie qui vit un malaise dans son entreprise sera peu encline à reprendre rapidement le travail ». Par ailleurs, Jean-Michel Sterdyniak attire l’attention sur la problématique du « présentéisme », soulignant que « de nombreux employés continuent à travailler alors qu’ils sont malades, en raison de la peur des conséquences financières et des répercussions professionnelles ».