Le représentant de Picardie debout propose de réunir les forces de gauche derrière « une candidature unifiée », en utilisant « un processus de sélection » tel qu’une primaire.
François Ruffin, député et figure de Picardie Debout, a déclaré sur France Inter ce mercredi 9 avril qu’il n’était pas encore temps de se lancer dans la course à la présidence de 2027. Cette affirmation intervient malgré ses récentes déclarations dans La Tribune Dimanche où il exprimait sa conviction d’avoir « la légitimité pour représenter la gauche lors de la présidentielle » et se décrivait comme « déterminé ».
Il souligne: « C’est une décision que je considère avec beaucoup de sérieux. Être candidat, cela implique de rassembler 500 signatures de maires, de disposer de 5 millions d’euros et de bénéficier de soutiens actifs et nombreux à travers le pays. Nous ne sommes pas encore à ce stade », dit-il. En décrivant une « apathie en France, tant au niveau national qu’au sein de la gauche », il aspire à « insuffler de l’énergie » à la nation et aspire à une « France qui assure la protection des emplois, de l’industrie, de la santé, du vivant et des enfants ». Il ajoute : « La question de la protection des citoyens est primordiale. Si une profonde colère populaire persiste depuis des années, c’est bien parce que les gens ressentent qu’ils ne sont plus en sécurité ».
En faveur d’une primaire à gauche
En vue du prochain scrutin présidentiel, François Ruffin appelle à « une candidature commune » de la gauche. Il insiste sur le fait que « face à la montée de l’extrême droite et du pouvoir de l’argent, nous ne pouvons pas nous permettre la division parmi nos rangs ». Selon lui, « ce n’est ni à moi, ni à Jean-Luc Mélenchon, ni à Olivier Faure de décider » qui devrait porter les couleurs de la gauche, mais il propose que « un processus de sélection », tel qu’une primaire, soit organisé afin de « faire émerger une candidature capable de susciter l’espoir et de remporter la victoire ».
François Ruffin a également été sollicité pour commenter la réaction de son ancien parti, La France insoumise, ainsi que celle de Jean-Luc Mélenchon, suite à la condamnation de Marine Le Pen à cinq ans d’inéligibilité dans l’affaire des assistants parlementaires. Jean-Luc Mélenchon avait déclaré que « la destitution d’un élu devrait être décidée par le peuple et non par la justice ». Ruffin exprime sa perplexité : « Je n’ai pas compris cette réaction, surtout lorsque je me remémore qu’il y a une dizaine d’années, nous étions place de la Bastille pour réclamer une opération coup de balai lors de l’affaire Cahuzac. À cette époque, nous plaçons la probité et l’exemplarité au cœur d’un programme de gauche », réagit-il. Il conclut en espérant que « nous reviendrons à une position plus axée sur la défense de l’État de droit et le respect des magistrats ».