Après l’attaque du Hamas contre Israël et le déclenchement du conflit à Gaza, le président français a souligné à plusieurs reprises que cette reconnaissance ne devait pas être influencée par des sentiments immédiats. D’après lui, il est également essentiel que cette reconnaissance incite plusieurs nations, qui n’ont pas encore établi de relations diplomatiques officielles avec Israël, à le faire.
Le 9 avril, Emmanuel Macron a révélé que la France pourrait reconnaître l’État palestinien dès juin prochain. Cette annonce, à la fois inattendue et décidée presque sur un coup de tête, marque un tournant majeur. C’est lors d’une conversation accordée à l’émission « C à vous » sur France 5, alors qu’il rentrait d’une visite en Égypte, que le président a partagé cette nouvelle.
La reconnaissance potentielle de la Palestine pourrait coïncider avec une conférence organisée conjointement par la France et l’Arabie Saoudite, prévue à New York d’ici deux mois. Cependant, Emmanuel Macron conditionne cette démarche à ce qu’il appelle une « dynamique collective », qui devrait, selon lui, encourager tous les pays de la région, ainsi que ceux qui soutiennent la Palestine, à reconnaître également Israël.
Promouvoir une solution à deux États
Depuis le début du conflit entre Israël et le Hamas, Emmanuel Macron a toujours insisté sur le fait que la reconnaissance de la Palestine ne pouvait résulter d’une réaction impulsive. Malgré une pression accrue, il n’a jamais dérogé à cette ligne de conduite. Cependant, l’intensification en mars des bombardements meurtriers menés par Israël sur Gaza l’a incité à reconsidérer sa position. Avec la dégradation préoccupante de la situation humanitaire dans les territoires palestiniens et le retour de Donald Trump à la présidence américaine, qui semble offrir un soutien inconditionnel à Benyamin Nétanyahou pour ses actions, le contexte a changé. Emmanuel Macron perçoit ce moment comme opportun pour ouvrir cette voie conditionnelle. Comme il l’explique, « je le ferai (…) car à un moment, ce sera nécessaire et juste », soulignant son engagement à clarifier sa position pour contrecarrer ceux qui remettent en question l’existence d’Israël, notamment l’Iran. Par cette déclaration, Emmanuel Macron s’aligne malgré tout avec la position traditionnelle de la France qui défend une solution politique à deux États qui se reconnaissent mutuellement, pour instaurer une paix durable au Proche-Orient.
Sur le plan politique interne, Emmanuel Macron ne peut pas nécessairement espérer retirer un bénéfice immédiat de cette annonce. Elle pourrait même décontenancer certains de ses partisans. Cependant, si la reconnaissance de la Palestine se concrétise, cela pourrait contribuer à apaiser en partie les discussions sur la situation au Proche-Orient. Une trêve qui serait appréciée face à la surenchère politique entourant la situation à Gaza, parfois orchestrée par les Insoumis, et les tensions que cela engendre fréquemment, y compris au sein des discussions parlementaires souvent agitées.