Le site intitulé « Le Projet France » a vu le jour tout récemment, en ce mois de juin. Les initiateurs de cette plateforme, des acteurs politiques, considèrent que le système actuel a atteint ses limites. Leur démarche s’inscrit dans la continuité du mouvement des Gilets jaunes, ainsi que dans la tradition des cahiers de doléances, qui permettaient d’exprimer les revendications populaires.
Et si vous preniez part à la rédaction du programme du futur candidat à la présidentielle ? C’est précisément ce que proposent, ce jeudi 12 juin, plusieurs élus dont un ancien membre du gouvernement. Ce dispositif porte le nom simple de « Le Projet France ». Lorsque l’on aborde la présidentielle de 2027, on discute essentiellement du « qui » : tous ces potentiels candidats, qu’ils aient déjà déclaré leur intention ou pas, tels qu’Édouard Philippe, Gérald Darmanin, Gabriel Attal, Marine Le Pen, Jordan Bardella, Jean-Luc Mélenchon, François Ruffin, Raphaël Glucksmann… La liste pourrait encore s’allonger. En revanche, on oublie souvent de s’interroger sur le « dans quel but ».
Bien que certains prétendants ou futurs candidats se positionnent déjà sur certains sujets en fonction de leur orientation politique, un groupe d’élus, soutenant ou ayant soutenu Emmanuel Macron, à l’instar d’Olivier Becht, ancien ministre chargé du Commerce extérieur, veut renverser cette logique.
Ils invitent les citoyens, quel que soit leur bord politique, à participer à la rédaction d’un programme, à construire ensemble un nouveau projet de société en l’espace de 70 semaines, à partir d’aujourd’hui, pour présenter une proposition finale à l’automne 2026. Cela implique concrètement de faire se réunir autour d’une même feuille un électeur du Rassemblement national, un sympathisant de La France insoumise, un membre du parti présidentiel, des représentants de la droite, sans oublier les abstentionnistes. Ce travail se fait totalement en ligne, via un site internet récemment mis en place, avec pour objectif de développer également une application, dont le coût se situe entre 50 000 et 100 000 euros. Une campagne de financement participatif est actuellement en cours.
Faire émerger un programme collectif
On retrouve là un peu la démarche des anciens cahiers de doléances. Olivier Becht s’est en effet inspiré du mouvement des Gilets jaunes, déçu que le Grand Débat n’ait eu que peu d’effets concrets. La règle est simple : « Qui veut, vient. » Chaque participant peut soumettre ses propositions sur divers thèmes — santé, éducation, pouvoir d’achat, sécurité — et un vote hebdomadaire permet de faire progresser et clarifier le programme au fur et à mesure.
Qu’on juge ce projet utopique ou non, ses initiateurs estiment que le système actuel a atteint ses limites. « On n’a jamais autant dépensé d’argent pour si peu de résultats », affirment-ils. Leur ambition est de « réinventer un rêve, celui du XXIᵉ siècle, qui pourrait devenir l’époque du bien-être. » Ils imaginent une existence libérée des grandes maladies, avec une alimentation équilibrée, un habitat sain, un épanouissement professionnel, et la sérénité d’emmener ses enfants à l’école sans craindre pour leur sécurité. Qui pourrait s’opposer à un tel idéal ? Leur défi est d’atteindre des centaines de milliers de contributions. Pour l’instant, seules une cinquantaine ont été déposées. Cependant, avec le nombre grandissant de Français souhaitant s’impliquer, ces élus se disent tout simplement : pourquoi pas ?