Ce vendredi 13 juin, un homme de 38 ans est jugé pour voyeurisme aggravé devant le tribunal judiciaire de Paris, après avoir filmé à son insu une journaliste dans les vestiaires d’une piscine parisienne en avril dernier. Laurène Daycard, journaliste au « Monde » et également auteure, est revenue sur les événements qu’elle dénonce dans « La Matinale ». Elle a également évoqué les nombreux témoignages de femmes qui ont partagé des expériences comparables suite à son témoignage.
« Mon principal espoir concernant ce procès est qu’il débouche sur une condamnation », confie la journaliste Laurène Daycard, ajoutant qu’elle « souhaite que ce procès, ainsi que la visibilité de ma plainte, contribuent à poursuivre une prise de conscience collective afin que ce genre d’agissements ne se répète plus ».
Son agresseur, repéré et retenu sur place jusqu’à l’arrivée des forces de l’ordre grâce à l’intervention des agents de sécurité du centre aquatique, détenait « 1 500 fichiers, comprenant d’autres vidéos à caractère voyeuriste ciblant des femmes, mais aussi des petites filles et des enfants, probablement filmés par ses soins dans différentes piscines », expliquait l’autrice de Nos absentes : À l’origine des féminicides, qui évoque également le « volet relatif à la pédopornographie » de cette affaire.
Des peines sanctionnant un seul délit
« Depuis 2018, environ 1 000 individus ont été condamnés pour voyeurisme, exclusivement des hommes, et la majorité d’entre eux ont écopé de peines avec sursis », poursuit la journaliste, soulignant que « ces hommes sont souvent arrêtés pour un seul acte, alors qu’il ne faut pas se leurrer, ils ont probablement filmé plusieurs autres femmes lors de la même soirée ». « Le paradoxe est que dans l’univers restreint des piscines, tout le monde semble au courant de ce problème et pourtant c’est comme si cela n’existait pas », regrette Laurène Daycard, dénonçant une « normalisation des violences sexistes et sexuelles » ainsi qu’une « forme de tolérance » vis-à-vis du voyeurisme.
Vous pouvez visionner l’intégralité de l’entretien dans la vidéo située plus haut