Le PDG du fabricant français de véhicules a annoncé son départ du groupe, précisant qu’il souhaite embrasser de nouvelles opportunités en dehors de l’industrie automobile, a indiqué Renault dans un communiqué diffusé dimanche. Ce dirigeant, qui avait réussi à redresser les performances de la marque, s’en va alors que le marché automobile européen connaît une forte baisse.
Après avoir dirigé Renault Group pendant cinq années, Luca de Meo a annoncé qu’il allait quitter son poste, a déclaré le groupe dans un communiqué diffusé dimanche. Cette nouvelle a suscité une réaction immédiate et critique de la CGT. « Il est irresponsable, en tant que prétendu dirigeant industriel, de quitter le navire alors même que nous abordons une phase cruciale et particulièrement difficile de son plan, » a dénoncé lundi 16 juin sur 42mag.fr Laurent Giblot, délégué syndical central CGT chez Renault.
Durant la période où Luca de Meo a piloté l’entreprise, celle-ci « a retrouvé des fondations solides, » a affirmé Jean-Dominique Senard, président du conseil d’administration de Renault, dans le même communiqué. « La société bénéficie aujourd’hui d’une gamme de produits remarquable et a renoué avec la croissance. » Arrivé il y a cinq ans dans un contexte marqué par une profonde crise, notamment liée à l’affaire de l’ancien dirigeant Carlos Ghosn, cet Italien francophone a accéléré le virage vers l’électrification et le repositionnement haut de gamme afin de redresser le constructeur automobile. Les données financières récentes, publiées en avril, montrent que le chiffre d’affaires du groupe français est resté stable au premier trimestre, s’établissant à 11,7 milliards d’euros (-0,3%), tandis que les ventes de véhicules électriques et hybrides ont continué de progresser.
Bien que Luca de Meo ait réussi à relancer l’activité du constructeur, le représentant CGT dénonce un « véritable carnage » sur le plan social. Il cite notamment la fermeture annoncée de l’usine de Flins dans les Yvelines, la délocalisation de l’ingénierie vers l’Asie, le recours accru à la sous-traitance, ainsi que « une course débridée vers les objectifs financiers. » Renault a précisé que la fin de mandat de Luca de Meo prendra effet le 15 juillet. « Son départ me révolte car il ne prendra pas ses responsabilités concernant ses actes… Il nous abandonne à la dérive, » déplore Laurent Giblot.