Au terme de cinq années passées à diriger le groupe français, le directeur général a fait savoir dimanche soir, lors d’une réunion du conseil d’administration, qu’il comptait quitter ses responsabilités : il a présenté sa démission.
Cette annonce a pris tout le monde de court. Luca de Meo, actuel directeur général de Renault, a informé le conseil d’administration de son départ du groupe automobile ce dimanche 16 juin. Âgé de 58 ans et d’origine italienne, il avait pris en main la difficile tâche de redresser l’entreprise après le départ tumultueux de Carlos Ghosn, arrêté au Japon en 2018.
Lorsque Luca de Meo est arrivé à la tête de Renault, l’entreprise traversait une période extrêmement complexe, fragile à cause des conséquences de la crise sanitaire liée au Covid-19 et d’un conflit latent avec Nissan. Ayant construit une grande partie de sa carrière chez Renault, il a profondément réformé la société via son plan stratégique baptisé Renaulution. Sous sa direction, la marque a renforcé son positionnement haut de gamme, diversifié ses alliances stratégiques et relancé ses volumes de ventes. Ses efforts ont porté leurs fruits puisque, en 2024, Renault atteignait une marge opérationnelle proche de 4,5 milliards d’euros.
Le président de Renault isolé au cœur d’une période troublée
Luca de Meo quitte Renault à un moment crucial pour le groupe. Les représentants syndicaux ne manquent pas de souligner que son départ survient dans une période particulièrement difficile : l’industrie subit une mutation rapide vers l’électrification des véhicules, tandis que la concurrence chinoise gagne du terrain en Europe, et que la filière est sous pression à cause de droits de douane menaçants. En outre, De Meo part alors qu’il n’a pas achevé la mise en place complète de son plan stratégique. Un nouveau volet de ce plan devait être dévoilé dans les mois à venir, mais il quittera l’entreprise avant cette échéance, dès le 15 juillet, un calendrier particulièrement précipité.
De son côté, Jean-Dominique Senard, président du conseil de surveillance de Renault, se retrouve seul face aux défis, à l’image de la période qu’il avait traversée lors de la crise provoquée par Carlos Ghosn. Ce départ pourrait affaiblir la firme française, souvent perçue comme un acteur modeste sur le marché auto mondial, vulnérable face à la compétition globale. Dans un communiqué officiel, Renault a indiqué démarrer immédiatement la procédure pour désigner un nouveau dirigeant, mais trouver un successeur à Luca de Meo ne s’annonce pas simple, aucun nom ne s’impose clairement pour l’instant.
Un avenir envisageable chez Kering pour Luca de Meo ?
D’après des informations rapportées par le Figaro, Luca de Meo pourrait prochainement rejoindre le secteur du luxe, puisqu’il serait en passe d’intégrer le groupe Kering. Contacté par 42mag.fr, ce dernier, appartenant à la famille Pinault, a préféré ne pas faire de commentaires sur ce possible recrutement. Si cette information se confirme, De Meo aurait pour mission de relancer un groupe actuellement en difficulté, fortement endetté, et marqué par les déboires de sa marque phare, Gucci, qui connaît une période compliquée.