Lundi, le maire de Nice ainsi que la présidente de France Télévisions ont été auditionnés concernant divers événements qui se sont déroulés entre 2018 et 2024.
Christian Estrosi, maire de Nice et membre du parti Horizons, ainsi que son épouse Laura Tenoudji, journaliste, et Delphine Ernotte Cunci, présidente de France Télévisions, ont été placés en garde à vue lundi 30 juin. Ils ont néanmoins quitté les locaux de police libres dans la soirée. Ces trois personnalités, accompagnées de sept autres individus, ont été interrogées dans le cadre d’une enquête portant sur la gestion et l’organisation de manifestations à Nice, comme l’a confirmé le parquet de Marseille à 42mag.fr. L’investigation porte notamment sur des soupçons de « prise illégale d’intérêts » et de « détournement de fonds publics ».
« Après avoir répondu aux questions des enquêteurs, Christian Estrosi a vu la garde à vue levée sans qu’aucune poursuite ne lui soit notifiée », a indiqué son avocat, Me Mathias Chichportich. « Tout en respectant le travail des enquêteurs, mon client dénonce vivement l’usage politique qui est fait de cette procédure par ses adversaires. Par ailleurs, une plainte pour dénonciation calomnieuse a été déposée contre ces derniers », a-t-il ajouté. De son côté, Marie-Alix Canu-Bernard, avocate de Laura Tenoudji, a dénoncé « une action politique indigne à la veille d’une échéance électorale majeure ». Christian Estrosi, qui célèbrera ses 70 ans mardi, avait déjà annoncé sa volonté de briguer un nouveau mandat en 2026.
Une dizaine de personnes auditionnées par la justice
Lundi, une dizaine de personnes ont été convoquées dans le cadre de cette procédure judiciaire initiée à Nice, puis transférée à la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Marseille. L’enquête vise l’organisation de deux événements majeurs qui se sont tenus à Nice à l’automne 2023. Il s’agit notamment du concours Eurovision Junior, dont la production et la retransmission relèvent de France Télévisions, ainsi que du colloque Nice Climate Summit, organisé par le média spécialisé La Tribune, comme l’a rapporté une source proche du dossier à l’AFP la semaine passée, confirmant une information publiée par Mediapart. Jean-Christophe Tortora, président de La Tribune et directeur général de CMA Média, faisait également partie des personnes auditionnées ce lundi.
Par la suite, l’étendue de l’enquête a été élargie à plusieurs autres manifestations tenues à Nice sous l’égide de France Télévisions, couvrant notamment les éditions 2018 et 2019 de la Fête de la musique, ainsi que celles organisées par La Tribune entre 2020 et 2022, qui avaient bénéficié, elles aussi, de financements publics, précisait le parquet.