Le mouvement politique dirigé par Jordan Bardella se trouve confronté à une série de dossiers judiciaires qui se multiplient ces derniers temps. Parmi ces affaires, celle qui retient le plus l’attention est liée à Marine Le Pen, ancienne candidate à l’élection présidentielle.
Une nouvelle procédure judiciaire concerne le Rassemblement national. Le siège du parti dirigé par Jordan Bardella, situé dans le 16e arrondissement de Paris, a fait l’objet d’une perquisition mercredi 9 juillet, dans le cadre d’une enquête ouverte par le parquet de Paris portant sur le financement des campagnes électorales. L’ex-Front national est engagé dans plusieurs recherches ou dossiers judiciaires, dont la plus importante pourrait compromettre la candidature de Marine Le Pen à la présidentielle de 2027. Franceinfo vous propose un tour d’horizon de ces dossiers.
Une enquête judiciaire portant sur les campagnes électorales de 2022 et 2024
Les perquisitions de mercredi s’inscrivent dans une information judiciaire lancée le 3 juillet 2024 par la justice française, à la suite d’un signalement de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), concernant des prêts faits par des particuliers au RN. Fin 2023, le Rassemblement national affichait un encours de plus de 20 millions d’euros à rembourser « auprès de personnes physiques », tandis que le plus ancien de ces prêts datait de 2007. Selon Christian Charpy, président de la CNCCFP, « il est capital que ces prêts soient remboursés, faute de quoi ils s’apparenteraient à des dons déguisés », ce qui irait à l’encontre du Code électoral.
L’investigation concerne les campagnes présidentielle et législatives de 2022, ainsi que celle des élections européennes de 2024. Le parquet de Paris évoque des suspicions de « prêts illégaux de particuliers », de « surfacturations de prestations », ainsi que de « facturations fictives intégrées ensuite dans les demandes de remboursement forfaitaire adressées par l’État ». Jordan Bardella a pris l’initiative d’informer publiquement de ces opérations sur son compte X.
Depuis 8h50 ce matin, le siège du Rassemblement National – y compris les bureaux de ses membres dirigeants – fait l’objet d’une perquisition conduite par une vingtaine d’agents de la Brigade financière, équipés de gilets pare-balles et armés, et accompagnés de deux juges d’instruction.
Tous les…
— Jordan Bardella (@J_Bardella) 9 juillet 2025
Le Parquet européen lance une enquête pour irrégularités financières
La veille des perquisitions dans les locaux du RN, le Parquet européen a annoncé, mardi 8 juillet, l’ouverture d’une enquête portant sur le groupe politique auquel appartenait le RN au Parlement européen avant 2024, pour plusieurs irrégularités liées à la gestion financière.
L’ancien groupe Identité et Démocratie (ID), où siégeaient les députés européens du Rassemblement national, est suspecté d’avoir « indûment utilisé » plus de 4,3 millions d’euros entre 2019 et 2024, selon un rapport de la direction des affaires financières de l’Union européenne, révélé début juillet par plusieurs médias.
Jordan Bardella a dénoncé ces allégations lors d’une conférence de presse à Strasbourg, affirmant « y voir une nouvelle opération de harcèlement orchestrée par l’administration du Parlement européen, qui a, de façon particulièrement préoccupante, diffusé des correspondances internes au cours même d’une procédure contradictoire ».
Procès en appel dans le dossier des assistants d’eurodéputés
Sans doute le dossier judiciaire le plus marquant et le plus lourd de conséquences pour Marine Le Pen, qui a été condamnée le 31 mars à cinq ans d’inéligibilité immédiate, ainsi qu’à quatre ans de prison, dont deux assortis d’un aménagement sous bracelet électronique, dans l’affaire dite des assistants parlementaires européens du parti.
Le tribunal correctionnel de Paris a considéré que l’ancienne candidate à la présidentielle était au « centre » d’un système frauduleux détournant des fonds publics, qui servait à rémunérer des collaborateurs du RN avec des fonds du Parlement européen, pour un montant total de près de 4 millions d’euros sur la période 2004-2016.
Le Rassemblement national ainsi que douze personnes impliquées, dont Marine Le Pen, ont interjeté appel de cette décision en avril dernier. Un nouveau procès en appel est programmé pour le premier semestre 2026, avec une décision attendue pour l’été. Ce verdict sera crucial pour le futur politique de Marine Le Pen et sa capacité à se présenter à l’élection présidentielle de 2027. En attendant, la présidente du groupe RN adopte une stratégie de précaution à l’instar de Jordan Bardella. « J’ai intégré la possibilité que je ne sois pas en mesure de me présenter. Jordan [Bardella] a lui aussi envisagé la possibilité de prendre le relais. Je lui ai demandé personnellement de réfléchir et de se préparer à cette éventualité », confiait-elle à Valeurs actuelles le 25 juin.
Pourtant, la finaliste des scrutins présidentiels de 2017 et 2022 demeure déterminée à se battre sur tous les fronts judiciaires. En plus du procès en appel, elle a annoncé le 8 juillet avoir saisi la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), contestant la peine d’inéligibilité immédiate qui lui a été infligée. Sa requête a été rejetée dès le lendemain par la CEDH, « au motif que, en tout état de cause, il n’a pas été démontré qu’il existe un risque imminent d’atteinte irréparable à un droit protégé par la Convention [européenne des droits de l’homme] ou les protocoles associés ».