Lors d’une intervention sur 42mag.fr, le président de la Cour des comptes a exprimé son profond étonnement face aux critiques sévères dirigées contre l’ancienne ministre, en particulier celles émanant du Rassemblement national. Il a qualifié ces attaques de choquantes.
Najat Vallaud-Belkacem « a été nommée » à la Cour des Comptes à l’issue d’ »une procédure de recrutement strictement professionnelle et transparente« , a assuré Pierre Moscovici, premier président de la Cour des Comptes, lors d’une interview accordée à 42mag.fr le jeudi 17 juillet. Il a tenu à rejeter toute accusation de favoritisme en précisant qu’il n’était en aucun cas « un ami proche » de la nouvelle conseillère maître. La veille, Najat Vallaud-Belkacem, qui est présidente de France Terre d’asile, conseillère régionale en Auvergne-Rhône-Alpes et ancienne ministre des Sports et de la Jeunesse, avait été officialisée à ce poste clé au sein de l’institution financière publique.
Cette nomination a rapidement suscité une vive polémique, qualifiée de « scandaleuse » par le Rassemblement national, qui s’en est vivement pris à cette décision dès mercredi soir. Jean-Philippe Tanguy, députée RN de la Somme, a dénoncé sur les réseaux sociaux ce qu’il a appelé « une République des copines et des coquins, ça suffit !« , annonçant son intention de contester cette nomination devant le Conseil d’État.
Les critiques ont suscité un profond étonnement
Pierre Moscovici a assuré que la sélection de Najat Vallaud-Belkacem avait été réalisée « sans aucune intervention de ma part« , insistant sur le fait qu’il n’avait joué aucun rôle dans le processus. Ancien ministre de l’Économie et des Finances, il rappelait avoir côtoyé Najat Vallaud-Belkacem lorsqu’elle était ministre des Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports dans le gouvernement socialiste de François Hollande entre 2012 et 2014. Il a invité à mettre un terme aux accusations de « copinage » et à admettre que « le mérite peut être multiple et varier selon les profils« . « Maintenant, c’est à elle de prouver ses compétences, je lui ai souhaité la bienvenue à la Cour des Comptes« , a-t-il ajouté.
« Je suis profondément choqué par l’ampleur de ces critiques, notamment de la part du RN », a-t-il poursuivi. Le premier président a précisé que Najat Vallaud-Belkacem « a été soumise à un processus très rigoureux : sur 150 candidatures reçues pour cinq postes de conseiller maître, 28 candidats ont été auditionnés par la commission d’intégration, que j’ai certes présidée, mais qui compte six membres entièrement indépendants, non désignés par moi« . Puis, « de ces 28 auditions, elle a été retenue par la commission« , a-t-il insisté.
« Quant à ceux qui imaginent un quelconque copinage ou favoritisme, j’aimerais préciser que je me suis retiré lors de la phase de délibération« , a poursuivi Pierre Moscovici. « Étant donné que j’ai été son collègue, que je la connais personnellement et que nous avons appartenu au même parti politique (le PS), j’ai choisi de me déporter par souci d’éthique. C’est véritablement la commission qui a pris la décision finale« , a-t-il expliqué. Le président de la Cour des Comptes a également évoqué qu’il envisage de quitter ses fonctions au plus tard le 16 septembre 2026. Il bénéficiera d’un report de limite d’âge d’un an à compter du 17 septembre 2025, accordé par décret en raison du fait qu’il est père d’un enfant en bas âge.