Agnès Pannier-Runacher, qui occupe le poste de ministre en charge de la Transition écologique ainsi que des domaines de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche, a participé en tant qu’invitée à l’émission « Les 4 Vérités » le vendredi 18 juillet.
Ce passage constitue la transcription partielle de l’entretien présenté ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour visionner l’interview complète.
Jeff Wittenberg : Nous avons récemment observé de nouveaux incendies, notamment dans la région marseillaise et dans la forêt de Brocéliande, ce vendredi 18 juillet. Pensez-vous que cela confirme que le réchauffement climatique et le dérèglement environnemental ne sont plus des menaces lointaines, mais qu’ils sont déjà présents ? J’ajoute à cela les épisodes de canicule enregistrés début juillet et la sécheresse qui touche désormais de nombreux départements.
Agnès Pannier-Runacher : Effectivement, ce dérèglement climatique fait déjà partie de notre réalité quotidienne, ce n’est plus un défi réservé aux générations à venir, c’est bien notre génération qui en fait l’expérience. C’est pour cette raison que le gouvernement agit concrètement. En mars dernier, j’ai présenté un plan national d’adaptation au changement climatique, contenant notamment une nouvelle approche pour la prévention et la gestion des incendies. Car ces derniers ne sont plus concentrés uniquement dans le Sud de la France — comme l’illustrent les feux récents en Brocéliande — ils sont désormais plus fréquents, plus graves et plus dangereux.
Cette nouvelle stratégie inclut-elle l’acquisition de nouveaux Canadairs ou d’autres matériels spécifiques ? Parce que lors des derniers incendies, on a constaté un déficit des moyens engagés pour les combattre.
Absolument, les ressources dédiées à la lutte contre les feux ont été renforcées. Avec la multiplication des incendies, nous avons augmenté nos capacités, notamment grâce à davantage d’avions Dash, qui ont une grande efficacité pour éteindre les flammes. Par ailleurs, la coopération européenne joue un rôle crucial : ces incendies touchent plusieurs pays, et nous mettons en commun nos moyens autant que possible, renforçant ainsi la solidarité entre nations.
Dans ce cadre, avez-vous pu garantir la stabilité voire l’augmentation de votre budget ? Je pose la question après la présentation du budget par François Bayrou cette semaine, où presque tous les ministères doivent faire des économies, à l’exception notable de celui des armées. Quelle est votre situation ?
Concrètement, mon budget connaît une légère hausse. Comme tous les ministères, je m’engage à réduire les dépenses non essentielles, notamment dans la communication et le fonctionnement habituel de l’État, ce qui me semble nécessaire pour être solidaire. Toutefois, il ne faut pas oublier que la dette écologique n’est pas compensée par les dettes financières. Nous avons impérativement besoin de ressources pour agir contre les incendies, mais également pour prévenir les inondations, la montée du niveau de la mer et l’érosion des côtes. Ces moyens sont aussi indispensables pour offrir aux Français des solutions afin de rénover leur habitat ou renouveler leur véhicule.
On a eu quelques incompréhensions quant à l’avenir de « Ma Prime Rénov’ ». Le dispositif est-il confirmé, suspendu ou menacé à moyen terme ? Car aujourd’hui, il semble que pour certains cas il ait été temporairement interrompu.
Le dispositif sera bien maintenu. Pour certaines situations spécifiques, nous finalisons des mesures pour combattre la fraude, car les sommes détournées ne profitent pas aux citoyens. En dehors de cela, l’essentiel des aides liées à Ma Prime Rénov’ reste en vigueur, et surtout, j’ai défendu leur continuité pour l’année prochaine. Ce qui importe vraiment pour les Français, c’est d’avoir accès à ces financements pour améliorer leurs logements, et mon rôle est de veiller, avec mes collègues, à ce que ces fonds soient disponibles, peu importe les obstacles.
Un autre dispositif impliquant des fonds publics détaché du budget est le bonus écologique destiné aux voitures. Ce dernier sera-t-il aussi maintenu ?
Je peux vous assurer que le bonus écologique sera conservé l’an prochain. Là encore, cela a été un sujet de bataille. Nous maintiendrons le même niveau de soutien, car il n’est pas envisageable de revenir sur ce dispositif qui profite aux Français. Par ailleurs, le leasing social sera également poursuivi. Pour rappel, ce dispositif offre la possibilité d’accéder à un véhicule électrique pour un peu plus de 100 euros mensuels, sous condition de ressources, et permet aux personnes ayant besoin d’un véhicule pour leur activité professionnelle d’en bénéficier.
Donc, vous vous engagez à ce que ces aides restent inchangées en 2026.
En effet, je m’engage à ce que ces dispositifs perdurent tels quels, et je souhaite qu’ils soient prioritairement destinés aux classes moyennes et populaires.