Lors de son déplacement à Angers, le Premier ministre a été sollicité concernant le rôle et la position de la ministre de la Culture au sein de l’exécutif. Face à cette interrogation, il a préféré ne pas répondre directement, s’abstenant de fournir une réponse claire en déclarant : « Vous lui demanderez directement ».
Malgré son éloignement de la capitale, François Bayrou n’a pas été épargné par les débats brûlants du moment. Lors d’un déplacement à Angers, dans le Maine-et-Loire, à l’occasion d’un comité interministériel consacré au tourisme le jeudi 24 juillet, le Premier ministre a insisté sur le « respect de l’institution judiciaire », qu’il considère comme « un devoir d’État pour chacun d’entre nous ». Cette déclaration intervenait en réponse aux critiques très dures adressées aux magistrats par Rachida Dati deux jours auparavant.
Suivant son renvoi devant le tribunal correctionnel pour des accusations de « corruption » et de « trafic d’influence » dans le dossier Carlos Ghosn, Rachida Dati a dénoncé, mardi, une « procédure jalonnée d’incidents » et a vivement critiqué des juges qui, selon elle, « bafouent » les droits de la défense.
Lorsqu’il a été interrogé sur les raisons pour lesquelles Rachida Dati restait membre du gouvernement malgré ces accusations, le chef du gouvernement a simplement déclaré : « Vous lui poserez la question. » Jusqu’à présent, la ministre de la Culture bénéficiait du soutien de l’Élysée, où l’on précisait qu’elle continuait « d’accomplir ses missions gouvernementales », insistant sur le fait qu’« un renvoi en correctionnelle ne signifie pas une condamnation ». En revanche, la position de Matignon n’avait pas encore été formellement exprimée à ce sujet.
Il est important de rappeler que François Bayrou lui-même avait dû quitter le ministère de la Justice en 2017, dans le cadre de l’affaire des assistants parlementaires européens.