À Matignon, Sébastien Lecornu traverse une période particulièrement délicate de son mandat. Le dossier du budget pour 2026 est présenté comme un défi presque insurmontable, et il se retrouve face à des partenaires parfois hostiles. Dans ces conditions, il n’a d’autre choix que d’adopter une posture à la fois stricte et déterminée, semblable à celle d’un soldat discipliné qui poursuit son travail malgré les difficultés.
La trésorerie française ne sera pas approuvée avant la fin de l’année, mais le pays conserve néanmoins un Premier ministre. Sébastien Lecornu achèvera 2025 à Matignon. Sa pérennité en 2026 demeure l’un des principaux enjeux des semaines qui viennent, d’autant plus que Matignon s’est mué en arène dangereuse depuis la dissolution.
Michel Barnier n’a résisté que trois mois avant que l’Assemblée ne le fasse tomber de cheval. François Bayrou, lui, avait tenu dix mois. Aujourd’hui, cela fait trois mois que Lecornu s’accroche et, pourtant, il aurait pu chuter à plusieurs reprises. Le chef du gouvernement avait d’ailleurs présenté sa démission lorsque son premier cabinet n’avait tenu que quelques heures, constatant l’effondrement de sa coalition après l’emportement de Bruno Retailleau.
Depuis lors, Sébastien Lecornu doit composer avec des partenaires qui se veulent « pseudo » et qui compliquent la gestion du budget : le dirigeant des Républicains, évidemment, mais aussi Édouard Philippe, pourtant considéré comme son ami.
Un métier ardu et peu gratifiant
Sébastien Lecornu affûte sans réserve l’image du moine-soldat, celui qui ne nourrit aucune ambition personnelle et qui cherche sans cesse des échappatoires, un vrai « travail ingrat », confie-t-il. Son seul partenaire consistant reste finalement le Parti socialiste, qui a soutenu le budget de la sécurité sociale, notamment grâce à la suspension de la réforme des retraites. Pour instaurer une certaine stabilité, Lecornu n’a d’ailleurs pas peur de remettre en question les totems du macronisme.
Cependant, le gouvernement approche de l’étape la plus redoutable du processus budgétaire national. Ce sera le véritable test décisif. Sur le papier, cela ressemble à une mission pratiquement impossible. À moins qu’il ne choisisse d’employer des moyens plus contraignants comme le 49.3 ou des ordonnances, ce qui ne lui ferait pas éviter un compromis avec le PS, en clair au prix des socialistes. Sans quoi, la censure s’imposerait et s’ouvrirait un nouveau feuilleton politico-budgétaire.
Le budget 2026, le dernier grand défi des montagnes pour Sébastien Lecornu
En revanche, si Sébastien Lecornu parvient à franchir l’obstacle budgétaire, une autoroute pourrait alors s’ouvrir devant lui, au point que certains ministres demeurent en fonction jusqu’à l’élection présidentielle. Cela peut sembler un brin présomptueux, même si ce budget constitue vraiment son dernier grand défi. Viendra ensuite le moment des municipales, où le parti au pouvoir ne peut pas se prévaloir d’un véritable avantage et n’a pas grand-chose à perdre, partant d’un point de départ quasi nul.
Après ce scrutin, l’échiquier politique serait prêt à bondir vers la présidentielle. Le gouvernement continuerait de gérer les affaires courantes : le budget 2027 serait vraisemblablement un budget provisoire, car il est très probable que le futur président propose rapidement un texte rectificatif. En somme, le budget 2026 représente véritablement une issue ambiguë, un quitte ou double pour Sébastien Lecornu.







