Pour la deuxième année d’affilée
Cette section provient d’un extrait de la retranscription du reportage mentionné plus haut. Pour le visionner en intégralité, cliquez sur la vidéo.
À peine quelques minutes après l’adoption d’une loi particulière, il s’exprime à nouveau. Le Premier ministre persiste à rejeter l’usage du 49.3 pour le budget et affirme croire en une issue négociée. « Il faut donc adopter un budget dès janvier et viser un déficit inférieur à 5 % du PIB en 2026. Je suis convaincu que ce cap peut être atteint si l’on met de côté les calculs politiques », précise Sébastien Lecornu.
Mais disposera-t-il seulement de marge de manœuvre ? Car, pour le moment, aucune coalition ne se dégage en faveur d’un vote sur le budget. Dans le camp de Lecornu, certains pressent pour cette option. Et les socialistes, qui avaient appelé à renoncer au 49.3, montrent une opposition moins farouche qu’auparavant. « Ce qui compte pour nous, ce n’est pas la manière dont on adopte le budget. Ce qui importe, c’est le contenu même du budget », déclare Philippe Brun, député socialiste de l’Eure. En coulisses, certains responsables du PS vont même plus loin. « Le 49.3 en soi n’est pas un problème », affirme l’un d’entre eux.
Vers l’éventuelle utilisation du 49.3 ?
Un virage jugé surprenant par le Rassemblement National et par La France insoumise. « Le 49.3 ne les dérange pas, cela signifie qu’ils ne votent pas la motion de censure et qu’ils laisseront passer un budget soutenu par Macron. Nous avons été élus pour combattre le macronisme, pas pour lui faciliter la tâche », affirme Eric Coquerel, président de la commission des Finances de LFI à l’Assemblée nationale. « La volonté de recourir au 49.3 est là pour masquer leur lâcheté et leur incapacité à mener à bien ces négociations et ce budget qui va dans le mauvais sens », critique Thomas Ménagé, député RN du Loiret.
Alors pourquoi Sébastien Lecornu persiste-t-il à ériger le 49.3 en tabou ? Difficile de renoncer à une promesse formulée il y a seulement trois mois. « Si l’on commence à évoquer l’idée d’un 49.3 impossible, on est morts », assure un ministre. L’emploi de cet outil constitutionnel pourrait mettre le gouvernement en danger, car il déclencherait automatiquement une motion de censure et, si elle était adoptée, la France se retrouverait alors sans budget ni gouvernement.







