Selon les estimations fournies par Edistat, référence statistique du secteur éditorial, consultée par France Inter, les ouvrages politiques de droite et d’extrême droite affichent une forte popularité.
Les ouvrages politiques de droite et d’extrême droite, signés Nicolas Sarkozy, Philippe de Villiers et Jordan Bardella, enregistrent un fort succès selon Edistat, la plateforme qui répertorie les statistiques du secteur de l’édition, information relayée par France Inter le lundi 29 décembre.
Selon le relevé le plus récent, daté du 21 décembre, Populicide de Philippe de Villiers s’est écoulé à plus de 161 504 exemplaires. Le Journal d’un prisonnier, de Nicolas Sarkozy, a trouvé 142 764 acheteurs. Le tout nouveau livre de Jordan Bardella, Ce que veulent les Français, affiche quant à lui 89 797 ventes, d’après les chiffres fournis par Edistat. À noter que ces chiffres ne tiennent pas compte des ventes directes de l’éditeur, notamment lors des salons ou des sessions de dédicace.
Électorat et lectorat: des dynamiques distinctes
Ce phénomène s’explique en partie par le contexte politique actuel. On peut évoquer le récit d’un ancien président qui revient sur son séjour en prison ou la perception de Bardella comme une option de repli pour la présidentielle de 2027. Pour le politologue Christian Le Bart, cette réussite s’explique aussi par une stratégie commerciale, ces trois titres étant publiés chez Fayard, maison appartenant au milliardaire conservateur Vincent Bolloré. Selon lui, ces ouvrages bénéficient d’une exposition soutenue, notamment au sein de l’entourage Bolloré et dans les lieux où son influence est forte, comme les relais en gare et certains médias affiliés.
Cependant, il nuancé le propos en affirmant qu’il ne faut pas y voir le signe d’un déplacement net vers la droite en France ni une prédiction certaine pour l’élection présidentielle de 2027. « L’électorat est une chose, le lectorat en est une autre », rappelle Christian Le Bart. « Pris sur le plan chiffré, ce lectorat reste relativement modeste : quelques centaines de milliers de lecteurs ne suffisent pas à constituer un électorat », souligne le politologue. Cela dit, ces livres confèrent néanmoins une visibilité accrue à certaines figures dans le paysage médiatique à moins d’un an du scrutin présidentiel.







