Ce mercredi, le chef de l’État dévoile les grandes lignes de sa vision destinées à accélérer l’achèvement d’environ 150 projets jugés stratégiques, en citant notamment la mine de lithium qui doit être édifiée d’ici 2030 à Échassières.
Les projets stratégiques et la réindustrialisation doivent être accélérés: tel est le mot d’ordre qui traverse la visite d’Emmanuel Macron, mercredi 22 avril, dans l’Allier, à Échassières, où l’on prévoit l’installation d’une mine de lithium. Le contexte du conflit au Moyen-Orient expose de manière brutale nos dépendances énergétiques, notamment vis-à-vis des minerais nécessaires aux batteries des véhicules électriques. Ce gisement national s’impose ainsi comme le symbole des ambitions du chef de l’État et de son gouvernement.
Cette visite incarne pleinement la démarche de réindustrialisation portée par le président, tout en mettant en lumière les défis auxquels la France est confrontée. Pour son allocution, il prend position au cœur même de l’actuelle carrière d’Échassières. Derrière lui, on distingue du kaolin, une roche blanche employée dans la fabrication céramique. Et sous le sol, se dissimule l’un des gisements de lithium les plus importants au monde, métal clé indispensable au fonctionnement des batteries des voitures propres. Selon Macron, il n’est pas question d’exposer des doutes: la France a besoin de cette mine pour sa transition énergétique.
« Dans un contexte où l’on mesure les conséquences de la dépendance vis-à-vis des hydrocarbures fossiles pour nos mobilités et d’autres usages, il ne s’agit pas seulement d’apporter une aide ou de financer les surcoûts issus du commerce lointain et des aléas géopolitiques ou de nos propres dépendances », déclare le président, une bannière tricolore flottant sur une pelleteuse en arrière-plan. « Il faut que notre politique d’indépendance s’accélère. Pour cette stratégie, nous aurons besoin de cette mine et de ce qui est développé ici même. »
« Accélérer une stratégie d’électrification n’a pas de sens sans pouvoir fabriquer les batteries et sécuriser l’approvisionnement en amont. »
Emmanuel Macronà Échassières
Pour faire aboutir ce projet, le chef de l’État promet une mobilisation générale, comme cela a été réalisé pour les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, ou pour la reconstruction de Notre-Dame. « C’est la méthode ‘Notre-Dame de Paris’, ce n’est pas compliqué, soutient-il. C’est-à-dire un projet clairement identifié, une chaîne de commandement nette, des personnes à qui l’on rend des comptes, et des délais records à respecter. » Le dossier de la mine de lithium, annoncé en 2022, doit entrer en service en 2030, ce qui équivaut à huit années de procédures.
Autour de 150 projets majeurs et prioritaires disséminés sur tout le territoire
Le président s’avance dans l’Allier avec une liste précise: « Ces 150 grands projets représentent plus de 70 milliards d’euros d’investissement, environ 30 000 emplois, 63 départements concernés ; ce sont en quelque sorte les cathédrales industrielles de l’indépendance de la France. » Pour accélérer leur progression, il annonce en premier lieu un décret publié le même jour qui simplifiera les procédures de recours, ces recours des opposants retardant souvent la mise en œuvre des projets.
Il évoque également une prochaine simplification des procédures d’autorisation environnementale. « Nous avons trop de procédures: celles menées par l’État, celles gérées par des autorités environnementales indépendantes, qui se superposent et se succèdent. Nous ne diminuerons pas l’objectif écologique ni la protection de la biodiversité, mais nous ferons preuve de bon sens, en les coordonnant et en réduisant fortement les délais », précise-t-il.
Le projet minier fait toutefois l’objet de contestations sur le plan environnemental. Des habitants et des associations redoutent les effets sur la forêt voisine et sur les cours d’eau des environs.







